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Tunisie: un parti salafiste dénonce le recours à la loi antiterroriste

08/10/2012 04:05 EDT | Actualisé 08/12/2012 05:12 EST

Un parti salafiste autorisé en Tunisie, le Jabhat Al-Islah (Front de la Réforme), a mis en garde lundi contre le recours à la loi antiterroriste établie sous Ben Ali pour poursuivre des dizaines de militants salafistes actuellement détenus.

"Point de place pour la loi antiterroriste après la révolution en Tunisie", affirme ce parti dans une déclaration publiée à Tunis.

Jabhat Al-Islah (JI) dénonce "une grave volte-face" du gouvernement dirigé par le parti islamiste Ennahda "pour contenter des parties étrangères aux dépens de jeunes Tunisiens parmi l'élite".

Il demande aux autorités de "mettre fin aux poursuites judicaires en vertu de la loi antiterroriste" entrée en vigueur en 2003, et demande l'abrogation par l'Assemblée constituante de cette "législation imposée à la Tunisie par des parties étrangères".

Le parti salafiste réclame une enquête sur "les exactions sécuritaires auxquelles ont été soumises les personnes arrêtées" et déplore le recours "à de vieilles pratiques envers les militants islamistes afin de les renvoyer derrières les barreaux".

Une trentaine de Tunisiens seront poursuivis en vertu de la loi antiterroriste pour recrutement et incitation au jihad (guerre sainte) en Syrie, a indiqué à l'AFP un de leurs avocats, Me Abdelbasset Ben Mbarek.

Par ailleurs, certains des 87 manifestants arrêtés après l'attaque de l'ambassade des Etats-Unis mi-septembre à Tunis encourent la peine capitale pour appartenance à des groupes ayant pour but l'appropriation ou la dégradation de biens immobiliers, selon un de leurs conseils.

Le 14 septembre, des manifestants issus pour la plupart de la mouvance salafiste jihadiste avaient envahi l'ambassade américaine lors d'une manifestation qui a dégénéré en violences, faisant quatre morts et 49 blessés.

Une autre formation islamiste radicale, le Parti Ettahrir, s'en est pris vendredi au président Moncef Marzouki, le qualifiant d'apostat pour avoir pris position contre la violence salafiste en plaidant la cause de son pays fin septembre aux Etats-Unis.

Bsh/cnp

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