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Tunisie: des journalistes suspendent une grève de la faim pour négocier

08/10/2012 05:59 EDT | Actualisé 08/12/2012 05:12 EST

Huit journalistes du groupe de presse tunisien Dar Essabah ont suspendu une grève de la faim, soutenue par leurs rédactions qui accusent le gouvernement d'ingérence, des négociations avec les autorités s'ouvrant mardi, a dit lundi à l'AFP une de leur collègues.

"Les négociations commencent demain après-midi, on a arrêté la grève de la faim en attendant de voir ce qu'il se passe", a dit Essia Atrous du service international du quotidien arabophone Essabah.

La grève de la faim avait été lancée le 1er octobre.

Les négociations mardi réuniront les représentants des rédactions du groupe Dar Essabah, qui publie les quotidiens Essabah (en arabe) et Le Temps (en français), le ministre des Affaires sociales Khalil Zaouia, ainsi que les syndicats UGTT et SNJT.

Les rédactions du groupe luttent depuis août contre l'arrivée à la direction générale de Lotfi Touati, nommé par le gouvernement dominé par le parti islamiste Ennahda et suspecté de vouloir influencer la ligne éditoriale de ces titres.

Un conflit acrimonieux oppose depuis les journalistes à leur directeur, ce dernier étant même accusé d'avoir violemment agressé des reporters.

Les représentants du gouvernement "nous ont dit de calmer le jeu, que dans deux ou trois semaines (M. Touati) partira. Mais nous n'avons aucune garantie", a expliqué Mme Atrous.

Les journalistes de Dar Essabah exigent en outre le règlement de sommes impayées depuis neuf ans (850.OOO euros de primes, heures supplémentaires, etc.) et se posent en acquéreurs "prioritaires" en cas de vente des titres.

Dar Essabah, qui emploie 200 personnes, était détenu à 80% par Sakher El-Materi, gendre de Ben Ali, avant de passer sous le contrôle de l'Etat après la révolution de 2011.

Les islamistes au pouvoir sont accusés par les journalistes de plusieurs médias publiques de chercher à contrôler leur ligne en nommant des directeurs dociles.

Le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT), qui appuie les revendications des journalistes, a déposé un préavis de grève générale pour le 17 octobre.

alf/feb

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