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Terrorisme en France: 12 gardes à vues, l'Intérieur évoque des radicaux

08/10/2012 03:24 EDT | Actualisé 08/12/2012 05:12 EST

PARIS - Douze personnes, dont une grande majorité de convertis, étaient toujours en garde à vue lundi en France après le démantèlement samedi d'une «cellule» djihadiste, alors que le ministre de l'Intérieur a évoqué d'autres arrestations possibles.

Ces 12 personnes sont soupçonnées d'être impliquées, à divers degrés, dans l'attentat à la grenade contre une épicerie casher de Sarcelles (Val-d'Oise) le 19 septembre dernier.

Un homme de 33 ans, Jérémy Sydney, a été tué par les tirs de riposte des policiers venus l'interpeller au domicile de sa seconde épouse religieuse samedi matin à Strasbourg.

«Il s'agissait bien d'un groupe, d'une cellule, d'un réseau dangereux qu'il fallait neutraliser, et sans doute d'autres cibles étaient-elles visées», a déclaré lundi matin sur RTL le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls.

Les enquêteurs ont retrouvé au domicile de l'une des personnes gardées à vue une liste manuscrite d'une dizaine d'associations israélites, dont le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), a-t-on indiqué de source judiciaire. Aucune indication, date ou mode opératoire ne figurait sur cette liste, a-t-on précisé de même source.

Sur les 12 personnes gardées à vue, une «grande majorité» s'est convertie à l'islam. Mais parmi les membres de ce que les autorités judiciaires ont qualifié de «cellule djihadiste», l'un se dit catholique et un autre athée.

Interrogé sur la radicalisation de certains individus, le ministre de l'Intérieur a prévenu qu'«il y a plusieurs dizaines, voire plusieurs centaines d'individus capables de s'organiser comme le groupe qui vient d'être démantelé».

«À partir du moment où Mohamed Merah (...) avec un passeport français, une carte d'identité française a tué, que ce groupe qui vient d'être démantelé a déjà agi à Sarcelles et qu'il avait sans doute d'autres objectifs, nous devons considérer cette menace comme très sérieuse, et il faut s'y attaquer», a-t-il ajouté.

«C'est un problème de société majeur» face auquel il y a «besoin de la mobilisation de toute la société», a martelé Manuel Valls, conscient que la radicalisation de certains jeunes débute en prison. «Se pose le problème de la formation des aumôniers comme celle des imams dans les prisons.»

L'ADN de Jérémy Sydney a été retrouvé sur l'un des fragments de la grenade, de fabrication yougoslave, lancé dans l'épicerie casher de Sarcelles. Mais les enquêteurs n'ont «pas la certitude», selon une source judiciaire, qu'il ait été l'un des deux membres de cette attaque.

La garde à vue des suspects peut durer jusqu'à 96 heures. Onze des personnes sont des hommes, la seule femme étant la seconde épouse de Jérémy Sydney. L'opération s'était déroulée simultanément samedi à Strasbourg, Cannes et en région parisienne.

Le parquet doit ouvrir une information judiciaire mercredi, notamment pour «association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste» et «destruction par explosif», avait annoncé samedi le procureur de la République de Paris François Molins lors d'une conférence de presse.

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