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Syrie: bombardements des bastions rebelles, l'ONU redoute l'escalade

08/10/2012 06:23 EDT | Actualisé 08/12/2012 05:12 EST

L'armée syrienne a bombardé lundi des bastions rebelles en Syrie, les incidents répétés à la frontière avec la Turquie, touchée par des obus syriens, faisant craindre au secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon une escalade entre les deux pays.

Les troupes syriennes ont à nouveau bombardé Alep (nord), deuxième ville de Syrie et enjeu d'une bataille cruciale depuis la mi-juillet, ainsi que la ville de Karak al-Charqi, dans la province de Deraa (sud), assiégée depuis trois jours par les forces du régime, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Au lendemain de la chute d'un obus syrien en territoire turc, sans faire de victimes, Ban Ki-moon a mis en garde contre l'escalade "extrêmement dangereuse" du conflit à la frontière entre la Syrie et la Turquie.

"L'escalade du conflit à la frontière Syrie-Turquie et l'impact de la crise sur le Liban sont extrêmement dangereux", a-t-il dit à Strasbourg.

M. Ban a aussi appelé les donateurs à "plus de générosité" pour l'aide à la Syrie, plongée dans une guerre civile sans issue depuis plus de 18 mois.

"A l'approche de l'hiver, nous avons besoin que les donateurs répondent de manière plus généreuse aux besoins des populations en Syrie et de plus de 300.000 réfugiés dans les pays voisins", a ajouté le chef de l'ONU.

Dans une offensive lancée à l'aube par l'armée loyaliste dans la région de Deraa (sud), vingt personnes ont été tuées à Karak al-Charqi, assiégée depuis trois jours, a indiqué l'OSDH, basée en Grande-Bretagne.

Au moins cinq rebelles figurent parmi les victimes de Karak et parmi elles certaines ont été tuées dans des attaques ayant visé des voitures transportant des blessés vers des hôpitaux, a précisé l'OSDH.

"Cette ville a été la cible d'offensives répétées et de violents bombardements. Elle est assiégée depuis ces trois derniers jours, les conditions humanitaires y sont très mauvaises et les médicaments manquent", a indiqué l'ONG.

A Damas, les habitants ont entendu lundi matin le bruit d'une explosion sans pouvoir définir exactement le lieu visé.

Parallèlement, les forces loyales procédaient à une "campagne de destruction de maisons" dans les quartiers de Qaboun et Barzé, accompagnées d'un mouvement d'exode de la population, selon l'OSDH qui se base sur un large réseau de militants et de médecins sur le terrain.

Près de la capitale, des bombardements ont visé lundi Douma, selon l'OSDH faisant état de la découverte des corps de cinq membres d'une même famille dans la ville de Qoudsaya, au nord ouest de la capitale.

"La situation en Syrie a empiré de manière dramatique. Elle pose des risques sérieux à la stabilité des voisins de la Syrie et à l'ensemble de la région", a encore souligné M. Ban.

Le village turc d'Akçakale, visé mercredi par des tirs meurtriers venant de Syrie, a été à nouveau touché dimanche par un obus syrien, qui n'a pas fait de victime cette fois, et l'artillerie turque a aussitôt riposté, a indiqué le maire de cette localité.

L'armée turque a riposté, selon lui. Le Parlement turc avait adopté en réaction à des tirs syriens une résolution autorisant le gouvernement à mener des opérations militaires en Syrie.

Mercredi, cinq civils avaient été tués à Akçakale par des tirs syriens.

Dimanche, l'obus est tombé dans le jardin d'un bâtiment public, qui avait été au préalable évacué par les autorités, selon la chaîne d'information NTV.

Sur le terrain en Syrie, des affrontements nocturnes ont éclaté à Alep entre armée et rebelles dans plusieurs quartiers, accompagnés de bombardements de l'armée.

Dans la province de Homs, dans le centre du pays, le bastion rebelle de Khaldiyeh a été bombardé tôt lundi matin par des avions, des chars, et des obus de mortier, selon l'ONG.

Dimanche, au moins 120 personnes, 54 civils, 27 rebelles et 39 soldats, ont été tuées en Syrie, selon l'OSDH.

Sur le plan diplomatique, et dans une situation bloquée sur le plan international, le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki s'est envolé lundi pour Moscou pour des entretiens centrés sur les échanges énergétiques et de défense, mais aussi sur le conflit en Syrie.

Moscou, un allié du régime syrien, et Bagdad se prononcent régulièrement pour une solution politique au conflit et se refusent tous les deux à appeler au départ du président Bachar al-Assad.

La Russie a mis son veto au Conseil de sécurité de l'ONU à trois résolutions occidentales visant à sanctionner Damas. Le conflit a été déclenché en mars 2011 par la répression sanglante d'une contestation populaire pacifique et a fait plus de 31.000 morts, selon un bilan de l'OSDH.

bur-rm/sw

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