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Sans lauréats, sans moyens, le festival du film de Bagdad s'est refermé

08/10/2012 09:42 EDT | Actualisé 08/12/2012 05:12 EST

Entre l'absence de nombreux réalisateurs primés, le manque criant de moyens et le désintérêt général des pouvoirs publics, le festival du film de Bagdad s'est terminé sur une note amère dimanche soir, dans une ville "qui ne compte plus aucune salle de cinéma".

La bannière du festival arrimée à la façade de l'hôtel Ishtar, où sont remis les prix, est repliée sur elle-même, illisible. Dans le salon accueillant la cérémonie, une estrade en bois hâtivement recouverte d'un drap blanc surélève les convives d'à peine quelques centimètres.

Le brouhaha des conversations est tel que les discours sont pratiquement inaudibles et, lorsque les orateurs s'expriment dans une langue autre que l'arabe, très mal traduits.

La remise des prix débute et un organisateur s'avance. Il sort les trophées... d'un sac plastique de supermarché.

Parmi les lauréats: la réalisatrice franco-marocaine Uda Benyamina et son film "Sur la route du paradis" ou la Française Chloé Mazlo pour "Deyrouth".

Las, une bonne partie des réalisateurs primés n'ont pas pu ou pas voulu faire le déplacement jusqu'à Bagdad, où la sécurité reste précaire, faute de moyens.

Le festival, lancé en 2005, a présenté cette année quelque 100 productions, allant des courts métrages aux longues fresques en passant par des documentaires.

Mais, regrette le journaliste Mohammed Ismaïl, il manque à la manifestation "les conditions les plus élémentaires pour qu'elle ressemble à un véritable festival".

De son côté, Kadhoum Morchid, critique de cinéma, juge "illogique d'organiser un festival de cinéma dans un pays dont la capitale ne compte plus une seule salle de cinéma".

Le cinéma a énormément souffert de l'embargo imposé à l'Irak après l'invasion du Koweït. Après la chute de Saddam Hussein en 2003, la situation est allée de mal en pis. Et aujourd'hui, les anciens cinémas de la capitale servent d'entrepôts.

"Tout le problème réside dans le fait que nous n'avons que très peu de moyens financiers", explique Ammar al-Radi, directeur technique du festival dont le budget s'est monté cette année à 50.000 dollars.

Mais malgré les critiques et le manque de moyens, Ammar al-Radi compte bien organiser une nouvelle édition l'an prochain.

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