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Risque d'espionnage: deux sociétés chinoises sont à éviter, dit le Congrès

08/10/2012 05:17 EDT | Actualisé 08/12/2012 05:12 EST

WASHINGTON - Les entreprises américaines devraient éviter de conclure tout accord ou contrat avec deux équipementiers chinois de télécommunications en raison du risque d'espionnage, estime la commission du renseignement de la Chambre des représentants.

«La Chine a les moyens, l'occasion et la motivation d'utiliser des sociétés de télécommunications à des fins malveillantes», lit-on dans ce rapport publié lundi.

La Commission estime que les autorités de régulation américaines doivent bloquer les éventuels projets de fusion-acquisition de Huawei Technologies et ZTE aux États-Unis. Elle conseille également d'exclure toute utilisation de composants de ces deux sociétés dans les systèmes informatiques du gouvernement américain en raison du risque d'espionnage.

Au-delà du jeu de la concurrence économique, ce sont les intérêts nationaux américains qui sont mis en avant. Le rapport craint en effet que les deux compagnies aient des liens et bénéficient de soutiens du gouvernement chinois.

Ces sociétés n'ont pas apporté de réponses satisfaisantes pour expliquer leurs relations avec le gouvernement chinois et la diffusion d'informations détaillées sur leurs activités en sol américain, déclare la commission.

Ces recommandations sont les résultats d'une enquête d'un an. Le mois dernier, de hauts dirigeants des deux compagnies chinoises ont été auditionnés par le Congrès et se sont défendus de telles accusations.

Huawei est une compagnie privée, fondée par un ancien ingénieur militaire chinois et qui a connu une expansion fulgurante pour devenir le deuxième plus important sous-traitant d'équipement de télécommunications dans plus de 140 pays. ZTE est le quatrième fabricant de téléphones portables, avec 90 000 employés dans le monde.

Un cadre de l'une des deux entreprises a affirmé que la société avait coopéré avec les enquêteurs, et a défendu sa réputation. Huawei est une compagnie «fiable et respectée à travers le monde», a fait valoir William Plummer, vice-président des affaires extérieures.

Lundi, avant la publication du rapport, un porte-parole du ministre chinois des Affaires étrangères a soutenu que les investissements d'entreprises de télécommunications chinoises aux États-Unis démontrent que les deux pays profitent mutuellement de bonne relations entre les deux pays.

«Nous espérons que les États-Unis en feront plus pour favoriser les intérêts des deux pays, et non le contraire», a affirmé Hong Lei.

Le rapport bipartisan devrait probablement alimenter la campagne présidentielle aux États-Unis, alors que les candidats Barack Obama et Mitt Romney tentent de démontrer leur détermination à combattre les violations des règles commerciales par la Chine. Le candidat républicain a particulièrement voulu se montrer dur envers la Chine en accusant le pays de manipuler la valeur de sa devise et en disant vouloir lutter contre le vol de propriété intellectuelle.

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