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Mitt Romney croit que les États-Unis devraient aider les rebelles syriens

08/10/2012 03:33 EDT | Actualisé 08/12/2012 05:12 EST

LEXINGTON, États-Unis - Mitt Romney a déclaré lundi que les États-Unis devaient se joindre aux pays qui soutiennent les rebelles syriens dans leurs efforts pour renverser le président Bachar el-Assad, reprochant au président Barack Obama de manquer de leadership non seulement au Moyen-Orient, mais aussi dans le reste du monde.

Dans une tentative visant à convaincre l'électorat de ses aptitudes en matière de politique étrangère, le candidat républicain aux élections présidentielles a affirmé que s'il était au pouvoir, il identifierait les membres de l'opposition syrienne partageant les valeurs américaines puis collaborerait avec les alliés des États-Unis afin de «s'assurer qu'ils obtiennent les armes dont ils ont besoin pour vaincre les chars d'assaut, les hélicoptères et les avions de chasse d'Assad».

«Il est essentiel que nous développions une relation avec les forces en Syrie qui, un jour, dirigeront ce pays situé en plein coeur du Moyen-Orient», a indiqué M. Romney dans un discours prononcé lundi à l'Institut militaire de Virginie. L'ancien gouverneur du Massachusetts a également profité de cette allocution pour critiquer les politiques de son rival par rapport à l'Irak, à l'Afghanistan, à l'Iran et à Israël.

Selon les groupes de défense des droits de l'homme, le conflit en Syrie a fait plus de 32 000 morts depuis ses débuts il y a 19 mois lorsque le président Assad a violemment réprimé le soulèvement populaire qui demandait son départ. La répression a été suivie par une rébellion armée dans plusieurs régions du pays avant que la situation ne dégénère en guerre civile nationale.

L'administration Obama espère encore voir le bourbier syrien se résoudre par une transition politique pacifique, même si le président a admis en août que cette éventualité «semblait plutôt lointaine».

Les collaborateurs de Mitt Romney ont plus tard précisé que le candidat républicain ne souhaitait pas que les États-Unis fournissent directement des armes aux rebelles.

Cela n'a pas empêché les démocrates de qualifier ses propos de «tentatives d'intimidation» et de l'accuser d'avoir refusé de dire en quoi ses politiques seraient différentes de celles de son adversaire.

Les commentaires de M. Romney surviennent à un moment particulièrement tendu, notamment parce que la violence en Syrie a commencé à se répandre à l'extérieur de ses frontières.

Lundi marquait le sixième jour consécutif de combats entre le pays de Bachar el-Assad et la Turquie. Le secrétaire américain à la Défense, Leon Panetta, a d'ailleurs prévenu samedi que le conflit entre ces deux voisins pourrait bien se propager au reste de la région.

La crise syrienne n'est pas l'unique problème du Moyen-Orient. Le programme nucléaire de l'Iran suscite de vives inquiétudes, les négociations de paix entre Israël et la Palestine sont au point mort et de violentes manifestations anti-américaines ont récemment éclaté dans plusieurs pays. Le mois dernier, des attaquants liés à Al-Qaïda ont même tué quatre Américains en Libye, dont l'ambassadeur Chris Stevens.

Mitt Romney avait d'ailleurs été très critiqué pour sa réaction rapide et dure par rapport aux protestations devant l'ambassade des États-Unis au Caire et à l'attaque presque simultanée contre le consulat américain à Benghazi, en Libye. Avant même que la Maison-Blanche n'apprenne la mort de M. Stevens, il avait déjà accusé le président Obama de sympathiser avec les assaillants.

C'est à la suite de cet incident que plusieurs hauts dirigeants du Parti républicain avaient exhorté M. Romney à exposer sa vision de la politique étrangère américaine dans un discours.

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