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L'opposante birmane Aung San Suu Kyi se dit prête à devenir présidente

08/10/2012 03:23 EDT | Actualisé 08/12/2012 05:12 EST

RANGOON, Myanmar - L'opposante birmane Aung San Suu Kyi a affiché lundi sa volonté de devenir présidente de son pays, «si le peuple le souhaite».

«Je suis responsable d'un parti politique. En tant que responsable d'un parti politique, je dois également avoir le courage d'être présidente. Si c'est que veut le peuple, je le ferai», a déclaré la responsable de la Ligue nationale pour la démocratie (LND), lors d'une conférence de presse.

Les prochaines élections auront lieu en 2015.

Interrogée sur le sujet, le prix Nobel de la Paix a expliqué que l'article de la Constitution birmane qui l'empêche de briguer le mandat présidentiel figure parmi ceux que son parti compte modifier.

«Amender la Constitution a été l'une de nos principales politiques depuis que nous avons organisé les élections partielles», a déclaré la dame de Rangoon, ajoutant: «Nous allons continuer d'essayer de la réformer, et pas seulement pour que je devienne présidente. Nous modifierons également d'autres éléments».

Parmi les clauses que la LND souhaite modifier, l'une d'elles donne aux militaires suffisamment de sièges inéligibles au Parlement pour exclure formellement tout changement constitutionnel. Une autre empêche d'accéder à la présidence du pays toute personne dont le parent, l'époux ou les enfants est citoyen d'un pays étranger. Cette mesure concerne directement Aung San Suu Kyi, puisque son mari est britannique et que leurs deux enfants ne vivent pas en Birmanie.

En 2010, la LND avait boycotté les élections, considérant que plusieurs aspects du système électoral étaient injustes et antidémocratiques. Mais des élections partielles ont été organisées en avril 2012 après plusieurs réformes effectuées par le parti du président actuel, Thein Sein.

Thein Sein a lui-même évoqué la possibilité de laisser sa place à l'opposante. Dans une interview à la BBC lors de son propre séjour aux États-Unis, l'ancien général a noté que la possibilité qu'«elle devienne une responsable du pays dépend de la volonté du peuple. Si le peuple l'accepte, alors je devrai l'accepter», a-t-il assuré.

Alors que la LND n'a obtenu que quelques sièges au Parlement en avril 2012, Aung San Suu Kyi a déclaré que d'autres députés pourraient être favorables à des changements constitutionnels, remarquant que le «Parlement est plus démocratique (qu'elle ne) l'attendait».

Aung Suu Kyi a effectué une visite aux États-Unis la semaine dernière, où elle a été accueillie comme une héroïne de la démocratie.

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