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Les rebelles mènent une attaque au Soudan, 5 morts, 23 blessés (média officiel)

08/10/2012 12:17 EDT | Actualisé 08/12/2012 05:12 EST

Les rebelles ont mené lundi une attaque contre la capitale de la province soudanaise du Kordofan-Sud, frontalière du Soudan du Sud, faisant cinq morts et 23 blessés, a indiqué la radio officielle soudanaise.

Ces violences surviennent alors que le Soudan et le Soudan du Sud ont conclu le 27 septembre une série d'accords de sécurité et de coopération, salués comme la fin du conflit entre les deux pays. Le président soudanais Omar el-Béchir a d'ailleurs ordonné dimanche la réouverture des points de passage avec le Soudan du Sud.

Les rebelles du SPLM-Nord, la branche nord du Mouvement populaire de libération du Soudan (ex-rebelles sudistes), ont revendiqué l'attaque contre la ville de Kadougli, sans donner de bilan. "Oui, c'est notre peuple qui a attaqué", a déclaré à l'AFP le porte-parole du SPLM-Nord, Arnu Ngutulu Lodi.

"Nous ne sommes pas loin de Kadougli. Nous sommes dans les faubourgs" de la ville, a indiqué M. Lodi. Nos forces "ne visent pas la population", mais l'armée, a-t-il ajouté.

La radio officielle Omdurman a affirmé que "cinq personnes sont mortes en martyr et 23 ont été blessées dans les bombardements de Kadougli menés par le SPLM-Nord", dans une information transmise par SMS, sans préciser la source.

Le porte-parole de l'armée soudanaise, Sawarmi Khaled Saad, n'a pas pu confirmer ce bilan. Un peu plus tôt, il avait fait état d'un mort et de 3 blessés.

"Ce matin, un groupe du SPLM-Nord a tenté de pénétrer dans Kadougli, et bombardé un secteur à 6 km à l'est de la ville. Une femme a été tuée et trois citoyens blessés", avait-il indiqué.

Les rebelles du SPLM-N ont repris les armes contre Khartoum en juin 2011 après avoir combattu aux côtés des Soudanais du Sud durant plus de deux décennies de guerre civile qui ont abouti à un accord de paix en 2005 et à l'indépendance du Soudan du Sud en 2011.

Selon un responsable de l'ONU et des habitants, la ville même de Kadougli, contrôlée par Khartoum, a été touchée par les bombardements. La capitale du Kordofan-Sud avait jusqu'ici rarement été l'objet d'attaques.

"A notre connaissance, cinq obus de mortier ont atterri dans et autour de la ville", a déclaré à l'AFP Damian Rance, du Bureau des Nations unies pour la coordination des Affaires humanitaires (Ocha).

Des obus sont tombés près du bureau de l'Unicef, d'une école et d'une station de police, a indiqué le coordinateur humanitaire de l'ONU dans le pays, Ali Al-Za'tari, dans un communiqué.

"Cette attaque contre des locaux civils et de l'ONU est répréhensible et constitue une violation du droit humanitaire international", a-t-il dit.

Selon M. Rance, le personnel de l'ONU à Kadougli, Soudanais et étrangers, a été transféré sain et sauf, par "mesure de précaution", vers une base située entre Kadougli et l'aéroport local. La base est utilisée par la Force intérimaire de sécurité des Nations unies pour Abyei (FISNUA), une région que se disputent Khartoum et Juba.

Les Etats du Kordofan-Sud et du Nil-Bleu, frontaliers du Soudan du Sud, sont le théâtre de combats entre armée et rebelles depuis la partition du Soudan à l'été 2011.

Le porte-parole de l'armée a accusé les rebelles d'avoir mené cette attaque pour saboter une réunion du parti au pouvoir, le Congrès national, avec d'autres partis politiques, visant à mettre fin à la guerre.

M. Lodi a contesté cette information, affirmant que l'attaque faisait partie de sa stratégie visant à renverser le régime de Khartoum.

Les accords signés entre le Soudan et le Soudan du Sud fin septembre prévoient notamment la mise en place d'une "zone frontalière démilitarisée en cours d'activation".

Cette zone-tampon vise à éviter les affrontements et à couper les lignes d'approvisionnement des groupes rebelles actifs au Kordofan-Sud et au Nil-Bleu, que Khartoum accuse Juba de soutenir.

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