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Damas dénonce vivement la proposition turque de remplacer Assad par Chareh

08/10/2012 09:36 EDT | Actualisé 08/12/2012 05:12 EST

Damas a vivement dénoncé lundi une proposition d'Ankara consistant en une période de transition dirigée par l'actuel vice-président syrien Farouk al-Chareh, qui remplacerait le président Bachar al-Assad.

"Ce que (le ministre turc des Affaires étrangères Ahmet) Davutoglu a dit reflète un embarras et une gêne politique et diplomatique flagrants", a estimé le ministre syrien de l'Information Omrane al-Zohbi, dans des déclarations diffusées par la télévision officielle syrienne.

"Nous ne sommes plus à l'époque de l'empire ottoman. Je conseille au gouvernement turc de renoncer au (pouvoir) en faveur de personnalités acceptables par le peuple turc", a poursuivi le ministre.

"Le gouvernement turc actuel doit cesser de détruire l'avenir du peuple turc frère et de mener une politique qui a réduit le poids de la Turquie" sur la scène internationale, a ajouté M. Zohbi.

Lors d'un entretien télévisé samedi soir, M. Davutoglu a proposé que Farouk al-Chareh remplace Bachar al-Assad à la tête d'un gouvernement de transition en Syrie pour arrêter la guerre civile dans le pays.

"Farouk al-Chareh est un homme de raison et de conscience et il n'a pas pris part dans les massacres en Syrie. Personne d'autre que lui ne connaît mieux le système" en Syrie, a déclaré le ministre turc à la chaîne publique TRT.

M. Chareh, vice-président depuis 2006, est la personnalité sunnite la plus en vue au sein du pouvoir alaouite (branche du chiisme) contesté, et un homme de confiance du régime. Des informations faisant état de sa défection en août ont été démenties par le régime, mais selon des personnalités de l'opposition, il serait en résidence surveillée.

La Turquie, qui partage une frontière de 900 km avec la Syrie et accueille près de 100.000 réfugiés sur son sol, soutient ouvertement les rebelles de l'Armée syrienne libre (ASL) et a appelé à la chute de Bachar al-Assad.

Les relations entre Damas et Ankara sont marquées par des tensions depuis le début de la révolte en Syrie en mars 2011 et ont connu une brusque escalade après des tirs syriens meurtriers sur un village frontalier turc la semaine dernière.

rm/sk/cnp

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