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La Corée du Nord dit posséder des missiles capables de frapper les Etats-Unis

08/10/2012 09:58 EDT | Actualisé 08/12/2012 05:12 EST
AP

La Corée du Nord a annoncé mardi qu'elle possédait des missiles stratégiques capables de frapper le territoire des Etats-Unis, en réponse au nouvel accord conclu dimanche entre Washington et Séoul pour augmenter la portée des missiles sud-coréens.

"L'armée révolutionnaire (de Corée du nord), y compris ses forces de missiles stratégiques, ont placé à portée de tir non seulement les forces américaines dans la péninsule coréenne mais aussi le Japon, Guam (territoire américain du Pacifique, ndlr) et même le territoire des Etats-Unis", a affirmé le porte-parole de la Commission de la Défense nationale dans un communiqué diffusé par l'agence officielle de presse nord-coréenne KCNA.

Pyongyang, a-t-il ajouté, se tient prêt à affronter n'importe quel ennemi, "capacité nucléaire contre capacité nucléaire, missile contre missile".

Ces menaces répondent à l'annonce dimanche par Séoul de la conclusion d'un accord avec Washington lui permettant de presque tripler la portée de ses missiles balistiques, qui couvriront ainsi la totalité de la Corée du Nord.

La portée des missiles sera étendue à 800 km, contre 300 km actuellement, également suffisante pour atteindre une partie de la Chine et du Japon.

Les Etats-Unis comptent 28 500 soldats sur le territoire sud-coréen et lui garantissent un "parapluie nucléaire" en cas d'attaque. En échange, Séoul avait accepté de limiter la portée de ses missiles, en 2001, afin d'apaiser les tensions sur la péninsule.

Mais au regard des ambitions nucléaires et balistiques de Pyongyang, Séoul plaidait pour un allongement de la portée des missiles et les négociations s'étaient accélérées après le lancement - raté - d'une fusée nord-coréenne en avril dernier.

La fusée - un Taepodong-2 d'une portée de 6 700 km, selon les experts - devait mettre sur orbite un satellite à usage civil selon Pyongyang, mais Séoul, Washington et leurs alliés y voyaient une nouvelle étape dans la mise au point d'un missile à tête nucléaire, interdit par les résolutions de l'ONU.

La Corée du Nord cherche depuis des décennies à affiner sa technologie en la matière. Ses essais se sont toutefois avérés peu concluants par le passé.

Pyongyang a par ailleurs réalisé en 2006 et 2009 deux essais nucléaires qui lui ont valu de lourdes sanctions votées par le Conseil de sécurité des Nations unies.

Le régime communiste possède également 800 missiles mobiles parmi lesquels 600 Scud présentant un danger immédiat pour la Corée du Sud. Nombre de spécialistes estiment toutefois qu'il ne dispose pas encore de la technologie suffisante pour nucléariser un missile.