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Chute d'obus dans la capitale du Kordofan-Sud, dans le sud du Soudan (ONU)

08/10/2012 08:24 EDT | Actualisé 08/12/2012 05:12 EST

Des obus de mortier sont tombés lundi dans la capitale de l'Etat soudanais du Kordofan-Sud (sud), frontalier du Soudan du Sud et théâtre de combats entre armée et rebelles depuis la partition du Soudan à l'été 2011, a rapporté une source de l'ONU.

"A notre connaissance, cinq obus de mortier ont atterri dans et autour de la ville", a indiqué à l'AFP Damian Rance du Bureau des Nations unies pour la coordination des Affaires humanitaires (Ocha).

Deux habitants ont également fait état de la chute d'obus dans la capitale, Kadougli, contrôlée par Khartoum, qui fait face depuis juin de l'an dernier aux rebelles de la branche nord du Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLM, ex-rebelles sudistes).

Selon M. Rance, le personnel de l'ONU à Kadougli, Soudanais et étrangers, a été transféré "comme mesure de précaution" vers une base située entre Kadougli et l'aéroport local. La base est utilisée par la Force intérimaire de sécurité des Nations unies pour Abyei (FISNUA), une région disputée par Khartoum et Juba.

Il n'était pas en mesure d'indiquer combien d'employés de l'ONU avaient dû être transférés vers la base mais le Programme alimentaire mondial (PAM) a indiqué que 15 de ses employés soudanais, huit de leurs proches et un employé étranger avaient trouvé refuge sur cette base.

Ni les rebelles ni l'armée soudanaise n'avaient fait de commentaire à propos de ces tirs -rares dans la capitale du Kordofan-Sud- qui surviennent alors que Khartoum et Juba viennent de signer des accords de sécurité et de coopération salués comme la fin du conflit entre leurs deux pays.

Le Soudan et le Soudan du Sud ont conclu le 27 septembre à Addis Abeba une série d'accords de sécurité et de coopération. Les tensions entre les deux pays autour de plusieurs sujets ont dégénéré entre mars et mai en combats frontaliers entre leurs deux armées, les plus intenses depuis la partition du Soudan.

La communauté internationale, très inquiète du risque d'un nouveau conflit à grande échelle entre Juba et Khartoum, belligérants de la plus longue guerre civile du continent, appelait de ses voeux un accord définitif, embrassant l'ensemble des questions en suspens et maintenait une pression constante depuis plusieurs mois.

Les deux pays ont notamment signé un "accord sur des mesures de sécurité" à leur frontière commune, comprenant la mise en place d'un "mécanisme politique et de sécurité conjoint" et d'une "zone frontalière démilitarisée en cours d'activation".

Cette zone-tampon, large de dix kilomètres de part et d'autre de l'actuelle "ligne de contrôle", vise à éviter toute reprise des graves affrontements frontaliers du printemps, mais aussi à couper les lignes d'approvisionnement des groupes rebelles actifs dans les régions soudanaises du Kordofan-Sud et du Nil-Bleu, que Khartoum accuse Juba de soutenir.

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