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Bahreïn: rejet d'une demande de suspension de peine pour Nabil Rajab

08/10/2012 09:42 EDT | Actualisé 08/12/2012 05:12 EST

Un tribunal de Bahreïn a rejeté lundi une demande de la défense de suspendre la peine du militant des droits de l'Homme Nabil Rajab, qui purge une peine de trois ans de prison pour avoir bravé une interdiction de manifester, a annoncé l'un de ses avocats.

"Le tribunal a rejeté une requête de la défense de suspendre la peine et de libérer Nabil Rajab", a indiqué Me Mohammed al-Jishi, sur son compte Twitter.

M. Rajab, en grève de la faim, a assisté à l'audience mais n'a pas pris la parole, ont indiqué ses avocats qui demandaient sa libération en attendant un verdict de la cour d'appel le 16 octobre.

M. Rajab, 48 ans, a entamé une grève de la faim vendredi, deux jours après avoir été autorisé à quitter brièvement la prison pour assister aux funérailles de sa mère. Il a été relâché pendant une journée, le temps d'assister à l'enterrement, avant d'être ramené à la prison, les autorités l'empêchant de recevoir les condoléances. En signe de protestation, le célèbre militant des droits de l'Homme a décidé d'observer une grève de la faim.

Les autorités ont expliqué que M. Rajab avait "violé les conditions de sa libération provisoire lors de l'enterrement en prononçant un discours incitant les participants (aux funérailles, ndlr) à manifester".

Nabil Rajab, un chiite qui préside le Centre des droits de l'Homme à Bahreïn, a été condamné le 16 août en première instance à trois ans de prison ferme pour avoir participé à des manifestations illégales et appelé sur les réseaux sociaux à participer à ces manifestations à Manama.

Il a aussi été condamné le 28 juin à 300 dinars bahreïnis (800 dollars) d'amende pour insultes aux forces de l'ordre.

Par ailleurs, le bureau du procureur général a annoncé l'abandon des poursuites contre un policier accusé d'avoir tué un manifestant chiite le 17 août.

Dans une déclaration, il a expliqué que le policier qui avait tiré une charge de chevrotine contre le manifestant avait agi en position de "légitime défense étant directement menacé par un cocktail Molotov" que l'homme "s'apprêtait à lui lancer".

Bahreïn est secoué depuis l'an dernier par un mouvement de contestation, animé par des chiites qui réclament une monarchie constitutionnelle dans ce petit royaume du Golfe à majorité chiite dirigé par une dynastie sunnite.

Selon la Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH), 80 personnes ont trouvé la mort depuis le début de la révolte.

Le ministère bahreïni de l'Intérieur a affirmé pour sa part que 700 personnes avaient été blessées, parmi lesquelles des officiers de police.

bur/mh/cco

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