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Les Vénézuéliens ont voté en masse lors des présidentielles, dimanche

07/10/2012 10:41 EDT | Actualisé 07/12/2012 05:12 EST
Getty Images
A women passes by in front of propaganda posters of Venezuelan President and candidate Hugo Chavez (top) and opposition presidential candidate Henrique Capriles, in Caracas on October 5, 2012. Elections in Venezuela will be held on October 7. AFP PHOTO/Rodrigo ARANGUA (Photo credit should read RODRIGO ARANGUA/AFP/GettyImages)

Les Vénézuéliens se sont fortement mobilisés dimanche pour un scrutin présidentiel devant départager le sortant Hugo Chavez, au pouvoir depuis 1999, et l'opposant Henrique Capriles Radonski, partisan d'une rupture avec la "révolution socialiste" de son adversaire.

Une heure après l'horaire officiel de clôture du vote, prévue à 18H00 locales, la présidente du Conseil national électoral (CNE), Tibisay Lucena, a rappelé que les bureaux devant lesquels se trouvaient encore des électeurs n'ayant pas accompli leur devoir civique devaient rester ouverts.

L'autorité électorale vénézuélienne diffusera des résultats officiels quand ceux-ci seront "irréversibles", avait-elle indiqué avant le scrutin présidentiel, sans fournir d'autre précision.

Les sondages de sortie des urnes étant interdits au Venezuela, aucune tendance n'était disponible en début de soirée.

Les deux candidats ont l'un après l'autre exhortés les Vénézuéliens à faire preuve de "calme" et de "patience" dans l'attente des résultats officiels. Le président s'est exprimé par téléphone lors d'une conférence de presse de son équipe de campagne alors que M. Capriles a posté un message sur son compte Twitter.

Au moment de leurs votes respectifs, les deux candidats avaient réaffirmé qu'ils reconnaîtraient les résultats du CNE, quels qu'ils soient.

L'affluence a été massive dans les 13 800 bureaux de vote du pays mais aucun incident n'a été relevé pour cette élection placée sous la protection de 139 000 militaires.

En début de soirée, quelques centaines de partisans de Hugo Chavez avaient commencé à se rassembler devant le palais présidentiel de Miraflores, klaxonnant, tirant des pétards et diffusant la chanson de campagne du président-candidat, ont constaté des journalistes de l'AFP.

"Aujourd'hui, la possibilité que gagne Chavez est de 100% et j'ai voté pour lui parce que c'est un homme qui a tiré le pays vers l'avant et s'est toujours souvenu des plus pauvres", a déclaré à l'AFP Luis Domingo, un maçon de 32 ans, présent depuis cinq heures devant Miraflores.

Ce scrutin constitue le plus grand défi électoral auquel Hugo Chavez a fait face depuis sa première élection en 1998, jamais l'opposition de droite et de gauche n'étant jusqu'à ce jour parvenue à s'unir derrière un candidat commun.

En 2006, M. Chavez avait été réélu avec plus de 25 points d'avance sur son principal concurrent, Manuel Rosales.

Parmi les quelque 19 millions d'électeurs appelés à se prononcer, beaucoup avaient formé des files d'attente dès avant l'aube devant certains bureaux, qui ont ouvert à 06H00 (10H30 GMT).

Miguel de Vares, 29 ans, sympathisant de l'opposition rencontré dans le quartier aisé de Chacao, a assuré au cours de la journée que "les gens étaient en quête de quelque chose de différent" dans ce scrutin.

L'ancien lieutenant-colonel, âgé de 58 ans, un temps affaibli par un cancer diagnostiqué en juin 2011, bénéficie toujours d'un fort soutien populaire parmi les 28,9 millions de Vénézuéliens, en raison notamment des nombreux programmes sociaux mis en place par son gouvernement.

Financés par la rente pétrolière, ces programmes ont permis d'améliorer la vie de nombreux Vénézuéliens dans les domaines de la santé, du logement ou de l'éducation. Mais le pays reste en proie à une forte criminalité, une inflation galopante (26,7% en 2011 selon la Banque centrale) et une corruption endémique (le Venezuela est 172e sur 182 dans le classement 2011 des pays les plus corrompus établi par Transparency International).

M. Capriles, célibataire de 40 ans, a été investi en février à l'issue de primaires inédites organisées par une trentaine de partis. Au cours de la campagne, il a insisté sur la nécessité de réconcilier le pays, après 13 années de "chavisme" caractérisées par un clivage politique croissant entre pro et anti-Chavez.

Ce nouveau défi électoral pour Hugo Chavez, déjà réélu deux fois depuis sa première victoire en décembre 1998 et cible en 2002 d'une tentative de coup d'Etat, est observé de près à l'étranger, où le personnage et sa politique sont souvent controversés, notamment aux Etats-Unis, premier partenaire commercial du pays et premier client de ses exportations de pétrole.

Ses alliés de la région, notamment Cuba et les autres pays bénéficiant des largesses d'un pays abritant les premières réserves de brut au monde, surveillent également les résultats de ce scrutin.

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