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TCE à Shannon: le début des travaux d'assainissement prévu pour 2015

07/10/2012 11:42 EDT | Actualisé 07/12/2012 05:12 EST

SHANNON, Qc - La Défense nationale prévoit entreprendre en 2015 l’assainissement de la nappe phréatique contaminée au trichloroéthylène (TCE) qui s’écoule depuis la garnison Valcartier vers la municipalité de Shannon et le secteur Val-Bélair, au nord de Québec.

L’opération d’envergure s’étirera sur une quinzaine d’années, selon Le Soleil, mais elle ne marquera pas nécessairement la fin d'un grand combat pour les citoyens de Shannon.

Aux limites de la base militaire, des puits permettront de capter l’eau polluée par le TCE, un dégraissant industriel cancérigène qui percole dans la nappe phréatique à partir des terrains de l’armée. Le nettoyage se fera sur place, à la surface, puis l'eau nettoyée sera rejetée dans la rivière Jacques-Cartier.

Or, au bureau du maire Clive Kiley et au sein du Regroupement des citoyens de Shannon (RCS), les inquiétudes à propos de la propreté de cette eau demeure. Une rencontre entre les résidants, l'administration municipale et les gouvernements provincial et fédéral devrait avoir lieu en novembre afin que tous puissent s'assurer de l'absence de contaminants dans l'eau rejetée, a indiqué M. Kiley à La Presse Canadienne.

De toute évidence, le lien de confiance entre les autorités et les citoyens est brisé à Shannon, une conséquence de plusieurs années de rebondissements. Dès 1985, un problème de contamination avait été identifié dans une usine de munitions de petit calibre alors détenue par Industries Valcartier, une société fondée par d'ex-officiers de l'armée canadienne.

Les contaminants avaient été enfouis dans une butte, et le maire Kiley admet qu'il avait alors cru que le problème était réglé.

«Mais en 2000, on a fait des tests dans des puits privés, et c'est finalement un résidant qui nous a dit que la nappe phréatique était contaminée», rappelle le maire.

«On a appelé les autorités, et ils nous ont dit que oui, c'était contaminé. Les autorités de la base militaire [de Valcartier] et celles des agences de santé provinciale et fédérale étaient très au courant qu'il y avait des problèmes avec l'eau, et ils ne disaient rien.»

Le RCS, qui poursuit la Défense nationale et les Industries Valcartier, dit quant à lui détenir des preuves écrites que la contamination était connue dès 1985.

L’armée a injecté des millions de dollars depuis 2006 afin de tester des méthodes de décontamination qui se sont révélées peu efficaces. On a notamment tenté de purifier l’eau directement sous terre, sans succès.

À la ville, un réseau d'aqueduc a été construit, et 75 pour cent des résidences y sont connectées depuis 2010.

Quand même, la contamination de l’eau qui circule sous les terrains de Shannon suscite toujours des craintes. La présidente du RCS, Marie-Paule Spieser, évalue que les vapeurs de TCE peuvent se faufiler jusque dans les résidences, par les sous-sols, une affirmation que le maire Kiley ne dément pas.

«C'est possible», admet-il. «Peut-être dans certaines maisons qui sont faites avec des blocs de ciment plutôt qu'avec du ciment coulé».

Entre-temps, le RCS poursuit la lutte juridique qu'il mène contre la Défense nationale et les Industries Valcartier. Il n'a gagné qu'une bataille très partielle en Cour supérieure le 21 juin dernier, dans sa démarche de recours collectif.

Le juge Bernard Godbout a alors reconnu la responsabilité des pollueurs et autorisé des indemnisations, mais pour les seuls résidants d'un secteur appelé «triangle rouge» qui habitaient l'endroit entre décembre 2000 et décembre 2001. Ce faisant, plusieurs victimes ont été écartées et laissées en plan.

Selon les données du RCS, les citoyens de Shannon, les militaires de Valcartier et leurs familles ont été exposés pendant plus de 30 ans à de l'eau soi-disant potable, mais qui, dans les faits, était contaminée au TCE.

Un médecin du secteur a fait état de données médicales non conformes à son sens, notamment des cas de cancer en quantité, souvent plusieurs dans une même famille, de même que toutes sortes d'infections à traiter de manière répétitive.

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