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Philippines: gouvernement et rebelles du FMLI s'accordent sur un plan de paix

07/10/2012 05:51 EDT | Actualisé 07/12/2012 05:12 EST

MANILLES, Philippines - Le président philippin Benigno Aquino III a annoncé dimanche la conclusion d'un accord avec les rebelles du Front Moro de libération islamique (FMLI), mettant fin à un conflit long de plusieurs dizaines d'années qui ensanglantait le sud de l'archipel.

M. Aquino l'a décrit comme un accord-cadre établissant une nouvelle région autonome, le Bangsamoro, qui sera administrée par la minorité musulmane au Mindanao, province où les catholiques sont majoritaires. Cet accord intervient après plus de 15 années de négociations avec le FMLI et met fin à un soulèvement qui a fait plus de 120 000 morts.

"L'accord-cadre ouvre la voie à une paix définitive et durable dans le Mindanao", a déclaré le président à la télévision. "Cela veut dire que les mains qui auparavant tenaient des fusils vont maintenant labourer la terre, vendre leur production, créer des emplois et se créer des opportunités", a-t-il ajouté.

"Le travail ne s'arrête pas là", a prévenu le président. "Il y a des détails qui doivent encore être examinés", a-t-il ajouté.

Le texte de l'accord, que l'Associated Press s'est procuré, appelle ainsi à la création d'une région autonome, le Bangsamoro, qui va remplacer l'actuelle, créée en 1989 et considérée dimanche comme une "expérience ratée" par M. Aquino.

Une "commission de transition" comprenant 15 membres sera créée, selon l'accord. Elle sera chargée de régler les détails d'un accord préliminaire et de rédiger un projet de loi créant la région musulmane autonome dans un délai de deux ans. Les insurgés devront respecter un programme de désarmement, détaille l'accord-cadre sans préciser de délai.

L'accord-cadre doit être signé dans quelques jours à Manille, en présence du président Aquino, du Premier ministre malaisien Najib Razak et du chef du FMLI, Al Haj Murad Ibrahim, selon les autorités. Il détaillera les principaux enjeux dont l'étendue des pouvoirs accordés au FMLI, les revenus qu'il pourra en tirer et le tracé de la région musulmane. Un accord final de paix devrait être signé en 2016, à la fin du mandat présidentiel d'Aquino, selon les autorités.

En 2008, un précédent accord de paix avait échoué lorsque la Cour Suprême l'avait déclaré contraire à la Constitution. Trois commandants insurgés avaient alors attaqué des communautés chrétiennes, provoquant une réponse militaire des autorités de Manille qui avait fait plus de 100 morts et 750 000 déplacés. Un cessez-le-feu avait depuis mis fin aux violences.

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