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Le président Béchir ordonne la réouverture des frontières avec le Soudan du Sud

07/10/2012 11:13 EDT | Actualisé 07/12/2012 05:12 EST

Le président soudanais Omar el-Béchir a ordonné dimanche la réouverture des points de passage avec le Soudan du Sud, a indiqué la radio officielle, à la suite d'accords signés entre les deux pays voisins.

Omar el-Béchir a "ordonné la réouverture de toutes les barrières sur les routes ou les cours d'eau aux frontières", a indiqué radio Omdurman dans un bref message envoyé par texto.

Selon la radio le président soudanais a pris cette décision après une rencontre avec le nouvel ambassadeur du Soudan du Sud.

L'annonce a été faite après la conclusion, le 27 septembre par les présidents Béchir et son homologue sud-soudanais Salva Kiir d'une série d'accords de sécurité et de coopération, après quatre jours d'âpres discussions lors d'un sommet à Addis Abeba.

Ces accords ne règlent toutefois pas les très sensibles questions du statut de la zone contestée d'Abyei ni de la démarcation de leur frontière.

Les questions du statut d'Abyei et de la démarcation de la frontière sont les plus sensibles parmi une série de sujets de tensions non résolus par l'accord "global" de paix conclu en 2005, qui a mis fin à des décennies de guerres civiles entre rebelles du Sud et gouvernement de Khartoum et a débouché sur l'indépendance du Soudan du Sud en juillet 2011.

Les tensions entre les deux pays autour de ces sujets ont dégénéré entre mars et mai en combats frontaliers entre leurs deux armées, les plus intenses depuis la partition du Soudan.

A Addis Abeba, le ministre soudanais de la Défense, Abdel Rahim Mohammed Hussein, et son homologue sud-soudanais, John Kong Nyuon, avaient signé un "accord sur des mesures de sécurité" à leur frontière commune, comprenant la mise en place d'un "mécanisme politique et de sécurité conjoint" et d'une "zone frontalière démilitarisée en cours d'activation".

Cette zone-tampon, large de dix kilomètres de part et d'autre de l'actuelle "ligne de contrôle", vise à éviter toute reprise des graves affrontements frontaliers du printemps, mais aussi à couper les lignes d'approvisionnement des groupes rebelles actifs dans les régions soudanaises du Kordofan-Sud et du Nil-Bleu, que Khartoum accuse Juba de soutenir.

Les deux pays ont également signé un accord portant sur le statut des ressortissants de chacun des deux Etats sur le territoire de l'autre, et des accords commerciaux, notamment sur le pétrole, ce qui devrait ouvrir la voie à la reprise de la production pétrolière du Soudan du Sud, dont l'arrêt depuis janvier a mis à genoux les économies des deux pays.

L'accord sur le pétrole est censé régler l'un des sujets les plus épineux entre les deux voisins. Le Soudan du Sud, qui a hérité de 75% des réserves de brut du Soudan d'avant la sécession mais dépend pour l'exporter des infrastructures du Nord, avait stoppé en janvier sa production, furieux que Khartoum ait prélevé de son brut pour se payer, faute d'accord alors sur le montant des redevances de passage.

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