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La rébellion a du mal à avancer dans Alep

07/10/2012 04:49 EDT | Actualisé 06/12/2012 05:12 EST

La rébellion syrienne, faute d'armes lourdes et de moyens aériens, a du mal à enlever les places fortes de l'armée gouvernementale dans Alep : la grande citadelle qui surplombe la vieille ville, la mosquée des Omeyyades et le centre administratif.

En fin de journée, quatre commandants de compagnies sont penchés sur une grande carte d'Alep, étalée sur un bureau du QG de la brigade Abdallah ben Azubair, dans le sud de l'immense ville. Ils font le point des positions, comme tous les jours, et élaborent les plans du lendemain.

Il ne s'agit pas de grande stratégie, mais de combats maison par maison.

"Nous avançons vers une nouvelle maison, ou un immeuble, et nous l'attaquons. C'est parfois long", reconnaît Abou Maher, commandant dans l'armée de l'air, qui a fait défection il y a un mois.

Il est à la tête d'une compagnie de 50 hommes, qui dépend de la brigade Al-Tawhid, la plus importante d'Alep.

Pour avancer de maison en maison, les rebelles disposent de quelques roquettes antichars (RPG), des kalachnikovs plus ou moins en bon état et des grenades artisanales. En face, leurs ennemis tirent à l'artillerie lourde, au mortier, avec des chars, parfois des hélicoptères. L'aviation bombarde aussi régulièrement, les civils la craignent beaucoup.

L'avancée de l'Armée syrienne libre (ASL) dans les entrelacs des ruelles de la vieille ville est très lente, ont pu constater cette semaine des journalistes de l'AFP.

"Nous tentons de prendre la mosquée, mais, de la citadelle, les soldats d'Assad nous repèrent très bien", explique le commandant Abou Maher.

La citadelle, au profond fossé, est réputée pour ses systèmes de défense d'accès.

A cela s'ajoute le manque d'armes et de munitions, et leur coût, très élevé.

Une AK 47 (kalachnikov) coûte 2.000 dollars, et chaque balle deux dollars.

"Quand nous avons 2.000 dollars, explique Hajj Al-Bab, qui compte 1.270 hommes sous ses ordres, nous utilisons 300 dollars pour acheter du pain, et le reste pour les armes".

Cet ancien tailleur reconverti en chef de guerre affirme que les combattants achètent eux-mêmes leurs armes. Il regrette, comme tous, l'absence d'aide des pays étrangers, des Etats-Unis et de l'Europe, de la France notamment.

"Certains disent que nous sommes liés à Al-Qaïda parce que nous arborons un drapeau noir, mais c'est le drapeau de l'islam."

Sur cette ligne de front, qui regroupe les quartiers de Salaheddine et Seif al-Dawla, dans le sud-ouest, la mission de ses combattants n'est pas d'avancer mais de tenir les positions contre l'armée d'Assad, explique-t-il.

"Assad a reçu des renforts en nombre dans Alep", affirme le lieutenant Mohamed Moaddel qui, lui aussi, a fait défection. "Ces cinq derniers jours, ils ont apporté 4.00O hommes de plus. Depuis deux jours, ils nous font du mal".

L'armée loyaliste, qui dispose de moyens de vision nocturne, opère la plupart du temps la nuit, jusqu'au petit matin.

Dans la journée les échanges de tirs, les départs de mortier se poursuivent régulièrement dans la zone de Salaheddine et Seif al-Dawla, devenue champ de bataille avec ses maisons détruites et ses pylônes hachés par la mitraille.

Reste aussi aux rebelles, comme moyen de frappe, les attentats à la voiture piégée comme ceux de jeudi dans Alep qui ont tué une cinquantaine de personnes, en majorité des militaires, et qui ont été revendiqués par le Front Al-Nousra. Ils semblent avoir un impact psychologique sur le moral des militaires gouvernementaux.

jpc/sk/feb

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