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Espagne - Un gigantesque drapeau catalan au Camp Nou pour le clasico

07/10/2012 02:07 EDT | Actualisé 07/12/2012 05:12 EST

Des supporteurs ont déployé avant le début du clasico Barcelone-Real Madrid en football dimanche une gigantesque mosaïque aux couleurs du drapeau catalan, dans un contexte politique tendu entre le gouvernement espagnol et la Catalogne, agitée par une poussée indépendantiste.

La monumentale "senyera", le nom du drapeau de la Catalogne, rayé rouge et jaune, déployée dans les travées du Camp-Nou, était accompagnée dans les tribunes par de nombreuses "estelades", le drapeau frappé d'une étoile blanche sur fond bleu, symbole des revendications d'indépendance de la Catalogne.

Et sur une banderole déployée dans un secteur du stade de 98.000 places, on pouvait lire: "Catalogne, l'Europe est ta prochaine étape", symbole des aspirations d'une partie des Catalans à devenir un Etat à part entière, reconnu par l'Union européenne.

Joan, un supporteur catalan affublé d'une "estelada", réclamait ainsi avant le match l'indépendance pour la Catalogne.

"L'Espagne traite très mal la Catalogne, notamment sur le plan des impôts. Nous donnons tout et nous ne recevons rien en échange", martelait le jeune homme qui se tenait prêt à chanter pour l'indépendance de la Catalogne à la 17e minute et 14 secondes du clasico: une référence à 1714, année de l'entrée des troupes franco-espagnoles dans Barcelone lors de la Guerre de Succession d'Espagne.

"Independència"

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Et précisément à la 17e minute, le Camp-Nou tout entier résonne d'une seule clameur: "Independència". Suivent des chants indépendantistes, tandis qu'une grande estelada est déployée derrière les buts du gardien madrilène Iker Casillas.

Le même cri qui s'était élevé dans les rues de Barcelone le 11 septembre, lorsqu'une manifestation pro-indépendance avait rassemblé des centaines de milliers de personnes lors de la fête catalane de la Diada.

Depuis ces dernières semaines, le rituel de la 17è minute se répète lors de tous les matchs de Liga disputés au Camp-Nou.

Celui de dimanche, lourd de signification politique, s'est finalement achevé sur un nul 2-2. "Plus que le résultat, il faut retenir l'ambiance spectaculaire, très catalane, mais aussi très positive et éduquée", a lancé à la fin de la rencontre le président de la Catalogne, le nationaliste Artur Mas. "Aujourd'hui, nous avons vécu un événement de la même intensité" que le jour de la Diada.

En crise ouverte avec Madrid, Artur Mas a convoqué des élections anticipées qui se dérouleront le 25 novembre et promis un référendum sur l'auto-détermination de la Catalogne.

L'entraîneur du Barça, Tito Vilanova, s'est voulu plus mesuré, évitant de dévier sur le terrain de la politique et saluant son public.

"Sur l'ambiance dans les tribunes, je trouve qu'une fois de plus, le public du Barça s'est comporté comme il se doit, en encourageant son équipe et en s'exprimant de manière pacifique", a-t-il commenté après le match.

Des supporteurs regrettaient d'ailleurs un certain mélange entre football et politique. "Ce match n'est pas un Catalogne-Espagne, c'est juste un Barça-Real. On ne devrait pas mélanger ces deux aspects, nous sommes venus voir un match de football", estimait Antonio Ponce.

Mais ce retraité de Barcelone était tout aussi favorable aux velléités indépendantistes de la Catalogne, amplifiées par les retombées de la crise économique.

"La crise économique en Espagne a sans doute accéléré les choses, mais nos aspirations existaient déjà avant. C'est simplement que là, nous avons choisi de dire stop".

Dans ce concert résonnaient aussi des voix défavorables au séparatisme de la Catalogne et à la politisation du match.

"Vu le contexte actuel, le Barça aurait dû se montrer responsable et ne pas donner son autorisation pour cette "senyera" gigantesque. Il n'y a pas que des catalanistes qui supportent le Barça", assurait Juan Garcia, un spectateur de 32 ans arborant un beau maillot blaugrana.

cle/sg/bm

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