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Combats acharnés à Alep, Ankara propose Chareh pour remplacer Assad

07/10/2012 09:25 EDT | Actualisé 07/12/2012 05:12 EST

Des combats d'une violence inouïe se déroulaient dimanche à Alep où les rebelles résistent depuis plus de deux mois aux troupes du régime pour le contrôle de cette ville stratégique, un enjeu stratégique du conflit en Syrie.

De l'autre côté de la frontière, en Turquie, le chef de la diplomatie Ahmet Davutoglu a estimé que le vice-président Farouk al-Chareh "est un homme de raison" et pourrait remplacer Bachar al-Assad à la tête d'un gouvernement de transition en Syrie pour arrêter la guerre civile.

La guerre déclenchée par la répression sanglante d'une contestation pacifique en mars 2011 ne montre aucun signe d'un dénouement à court terme, les violences mettant le pays à feu et à sang avec plus de 31.000 morts selon une ONG et des localités complètement détruites.

Les rebelles, qui contrôlent de larges secteurs du nord de la Syrie frontaliers de la Turquie, continuent d'opposer une forte résistance aux forces loyalistes dans leurs bastions ailleurs dans le pays, soumis à de violents bombardements à l'artillerie lourde et aériens.

Face aux réticences des Etats-Unis à l'idée d'armer les islamistes parmi les groupes rebelles, l'Arabie saoudite et le Qatar ont renoncé jusqu'à présent à livrer aux insurgés des armes lourdes qui pourraient renverser en leur faveur le cours de la guerre, selon le New York Times.

Sans armes lourdes, les rebelles peuvent au mieux résister aux troupes de M. Assad, qui sont mieux équipées, avec pour conséquence de prolonger le conflit, plaident cependant ces deux pays, ajoute le journal.

Dimanche, des combats opposaient rebelles et armée dans plusieurs quartiers d'Alep, soumise en partie au pilonnage de l'artillerie, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) qui a fait état d'un bilan bilan provisoire de 17 morts -7 civils et 10 rebelles.

Les plus violents avaient lieu dans les quartiers de Bab al-Hadid et Chaar (centre). "Ce sont les pires combats que nous ayons connus depuis le début de la bataille d'Alep", le 20 juillet, a affirmé à l'AFP un habitant.

Selon une source militaire à Alep, les forces régulières ont repoussé avant l'aube "une importante attaque" des rebelles contre la caserne de Hanano, objet d'une féroce bataille il y a trois semaines.

Dans la province de Damas, les forces loyalistes ont affirmé s'être emparées des localités d'El-Hamé et Qoudsaya, après de violents affrontements, selon les médias officiels. L'OSDH a confirmé la prise d'El-Hamé et indiqué que les corps de dix personnes dont un rebelle, exécutées par balle, y avaient été retrouvés.

Ailleurs dans le pays, plusieurs secteurs de Homs et Hama (centre), de Deraa (sud) et de la province d'Idleb (nord-ouest) étaient la cible de bombardements. L'aviation est aussi intervenue à Idleb, non loin de la frontière turque, selon l'OSDH.

Dans cette même province, les rebelles ont marqué des points en s'emparant samedi du village de Khirbet al-Joz, déserté de ses habitants, après y avoir tué 40 soldats lors des affrontements, a ajouté l'ONG.

La journée de samedi a été particulièrement meurtrière pour les soldats syriens qui ont perdu au total 62 hommes, selon la même source.

Dans le sud-est de la Turquie, un obus tiré depuis la Syrie est tombé dimanche dans le village d'Akçakale, où cinq civils avaient été tués mercredi dernier par des tirs syriens, sans faire de victimes, ont annoncé les chaînes de télévision turques.

L'artillerie turque déployée dans cette zone devrait répondre à ces tirs car depuis le grave incident de mercredi, l'armée répond coup pour coup aux tirs syriens qui touchent le territoire turc.

L'obus est tombé dans le jardin d'un bâtiment public, qui avait été au préalable évacué par les autorités, selon la chaîne d'information NTV.

Le gouvernement turc a obtenu jeudi le feu vert du Parlement pour poursuivre les opérations militaires contre la Syrie, si nécessaire.

L'incident survenu à Akçakale, situé dans la province de Sanliurfa, est le plus grave entre Damas et Ankara depuis la destruction d'un avion de combat turc par la défense antiaérienne syrienne en juin. Il a provoqué un brusque regain de tension et ravivé les craintes d'une propagation du conflit syrien.

Dans un entretien télévisé samedi soir, le chef de la diplomatie turque dont le pays appelle au départ du "criminel Assad", a estimé que M. Chareh, vice-président depuis 2006, pourrait diriger une période transition.

"Farouk al-Chareh est un homme de raison et de conscience et il n'a pas pris part aux massacres en Syrie. Personne d'autre que lui ne connaît mieux le système" en Syrie, a-t-il dit, en soulignant que l'opposition "est encline à accepter Chareh" comme futur dirigeant de l'administration syrienne.

M. Chareh, la personnalité sunnite la plus en vue au sein du pouvoir alaouite (branche du chiisme), est un homme de confiance du régime et a été pendant plus de 15 ans chef de la diplomatie.

Des informations faisant état de sa défection en août ont été démenties par le régime, mais selon des personnalités de l'opposition, il serait en résidence surveillée.

Enfin, aucun indication n'a été donnée sur le sort des dizaines d'Iraniens enlevés en août par des rebelles, après l'expiration samedi d'un ultimatum d'un commandant rebelle menaçant de les tuer si l'armée syrienne ne se retirait pas totalement de la Ghouta orientale, une banlieue de Damas.

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