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Syrie: tirs à la frontière turque, les rebelles capturent un village

06/10/2012 12:39 EDT | Actualisé 06/12/2012 05:12 EST

Les rebelles syriens se sont emparés samedi d'un village frontalier avec la Turquie après des affrontements meurtriers avec les forces du régime, dont des tirs ont de nouveau touché le territoire turc et provoqué des représailles d'Ankara.

Depuis le début du conflit, l'armée syrienne a perdu de larges secteurs du nord de la Syrie le long de la frontière avec la Turquie qui sont tenus par les insurgés dans l'ouest ou les Kurdes dans l'est.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), les rebelles ont pris le contrôle de Khirbet al-Joz, dans la province d'Idleb (nord-ouest), à 2 km de la frontière avec la Turquie, un pays qui soutient les insurgés syriens.

Les combats ont fait 25 morts dans les rangs de l'armée et trois chez les insurgés et se poursuivaient en fin d'après-midi, mais moins intensément, près de ce village totalement déserté de ses habitants, indique l'OSDH.

De l'autre côté de la frontière, l'armée turque a riposté à deux nouveaux tirs en provenance de Syrie qui ont frappé son territoire dans la province de Hatay (sud-est) sans faire ni victimes ni dégâts, a-t-on annoncé de source officielle.

Un premier obus a atterri à 04H00 GMT à 50 mètres à l'intérieur du territoire turc dans un terrain vague, indique un communiqué du gouvernorat de Hatay. L'armée turque a riposté par quatre salves de tirs de mortier, souligne le texte selon lequel le tir, provenant d'une batterie des forces loyalistes, visait les rebelles déployés près de la frontière.

Puis vers 11H30 GMT, un deuxième obus s'est abattu à 1,2 km en territoire turc, également dans un terrain vague, auquel la Turquie a répondu par deux salves de tirs de mortier.

Depuis le grave incident survenu mercredi qui a coûté la vie à cinq civils turcs dans un village frontalier, la Turquie répond systématiquement par des tirs d'artillerie aux tirs syriens touchant son territoire, accentuant les tensions entre Damas et Ankara et ravivant les craintes d'une propagation du conflit syrien.

Alors que le pays est à feu et à sang avec plus de 31.000 morts, dont une majorité de civils, en près de 19 mois selon l'OSDH, le président Bachar al-Assad a fait une rare apparition publique samedi matin dans la capitale, selon les médias officiels syriens.

La télévision l'a montré serrant la main de hauts responsables militaires et civils et embrassant des fillettes devant un monument aux morts.

Toujours à Damas, les forces de sécurité étaient déployées en nombre dans le quartier de Mouhajirine (nord) et perquisitionnaient maison par maison, selon l'OSDH.

Ailleurs dans le pays, l'armée a continué à bombarder des fiefs rebelles, notamment dans la province de Homs (centre), selon l'OSDH.

Dans la ville même de Homs, la troisième de Syrie, le pilonnage du quartier rebelle de Khaldiyé s'est poursuivi, et des affrontements ont éclaté lorsque l'armée a tenté d'entrer dans plusieurs zones tenues par les insurgés.

A Alep (nord), des attaques rebelles ont visé plusieurs postes militaires dans la vieille ville près de la mosquée des Omeyades, selon une source militaire.

Par ailleurs, un habitant de Tariq al-Bab (est) a fait état de combats depuis mercredi dans ce quartier et celui voisin de Sakhour.

"Je n'ai jamais vu autant de rebelles dans le secteur. Ils ont mis des mortiers sur le toit des maisons et placé des bus municipaux à l'entrée de Tariq al-Bab pour empêcher l'armée d'y entrer. Tous les habitants ont peur", a-t-il dit à l'AFP.

Les violences à travers le pays ont fait 88 morts samedi, dont 38 soldats, 32 rebelles et 18 civils, selon l'OSDH.

Dans une déclaration à la télévision, le ministre de la Défense, le général Fahd al-Freij, a déclaré que les commandants de l'armée étaient "déterminés à rétablir la sécurité" en Syrie, et a assuré que la victoire était "proche".

Il a par ailleurs tendu la main aux rebelles: "La patrie ouvre ses bras à tous ses enfants, y compris ceux qui ont commis des erreurs et veulent revenir dans son giron".

L'Iran, fidèle allié de Damas, a réclamé la libération immédiate de dizaines d'Iraniens enlevés en août par des rebelles syriens.

Vendredi, un commandant rebelle avait indiqué à l'AFP que ces otages seraient exécutés si l'armée ne se retirait pas totalement de la Ghouta orientale, une banlieue est de Damas où sont basées les unités les plus organisées de l'Armée syrienne libre (ASL), parlant d'un ultimatum expirant samedi.

La Russie, autre soutien international de Damas, a livré samedi 24 tonnes de médicaments et de matériel médical à la Syrie, selon l'agence Sana.

A Malte, le sommet 5+5 réunissant cinq pays arabes (Algérie, Libye, Maroc, Mauritanie, Tunisie) et cinq pays européens a condamné vivement "les crimes odieux commis par les forces gouvernementales syriennes et ses milices et toute violence d'où qu'elle provienne".

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