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Syrie: les rebelles s'emparent d'une nouvelle localité à la frontière turque

06/10/2012 10:27 EDT | Actualisé 06/12/2012 05:12 EST

Les rebelles syriens se sont emparés samedi d'un village frontalier avec la Turquie après des affrontements meurtriers avec les forces du régime, dont des tirs ont de nouveau touché le territoire turc, déclenchant une riposte immédiate d'Ankara.

Depuis le début de la révolte contre le régime de Bachar al-Assad qui s'est transformée en guerre civile au fil des mois, l'armée syrienne a perdu de larges secteurs du nord du pays le long de la frontière avec la Turquie qui sont tenus par les insurgés dans l'ouest ou qui sont sous le contrôle des Kurdes dans l'est.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), les rebelles ont pris le contrôle samedi de Khirbet al-Joz, dans la province d'Idleb (nord-ouest), à 2 km de la frontière avec la Turquie, un pays qui soutient les insurgés syriens.

Les combats entre rebelles et soldats, qui ont fait 25 morts dans les rangs de l'armée, se poursuivaient en début d'après-midi aux alentours de ce village totalement déserté de ses 4 à 6.000 habitants qui ont trouvé refuge en Turquie, indique cette organisation basée en Grande-Bretagne qui se base sur un large réseau de militants dans le pays.

C'est depuis cette même localité que l'armée syrienne a tiré un obus de canon visant des rebelles déployés à la frontière et qui est tombé en Turquie, sans faire de victime. Cet incident a cependant déclenché un tir de représailles de l'armée turque, a indiqué le gouvernorat de la province turque de Hatay (sud-est).

L'obus syrien a atterri sur un terrain vague à 50 m de la frontière et 700 m du village turc de Güveççi. L'armée turque a riposté par quatre salves de mortier.

Depuis le grave incident survenu mercredi qui a coûté la vie à cinq civils turcs dans un autre village frontalier, la Turquie répond systématiquement par des tirs d'artillerie aux tirs syriens touchant son territoire, accentuant les tensions entre Damas et Ankara et ravivant les craintes d'une propagation du conflit syrien.

Signe de ces crispations, l'agence officielle Sana a annoncé samedi que l'armée syrienne avait tué à Alep (nord) quatre "terroristes" turcs combattant dans les rangs des rebelles.

Dans la terminologie officielle, le mot "terroriste" désigne les rebelles.

Alors que les violences font rage dans le pays où plus de 31.000 personnes dont une majorité de civils ont péri en près de 19 mois, le président Bachar al-Assad a effectué une rare apparition en public samedi matin à Damas, selon les médias officiels syriens.

La télévision l'a montré serrant la main de hauts responsables militaires et civils et embrassant des fillettes devant un monument aux morts commémorant la guerre contre Israël d'octobre 1973.

Toujours dans la capitale, les forces de sécurité étaient déployées en nombre dans le quartier de Mouhajirine (nord) et perquisitionnaient maison par maison, selon l'OSDH.

Ailleurs dans le pays, l'armée a continué à bombarder des fiefs rebelles, notamment à Alep et dans la province de Homs (centre), selon l'OSDH.

Dans la ville même de Homs, la troisième de Syrie, le pilonnage du quartier rebelle de Khaldiyé s'est poursuivi, et des affrontements ont éclaté lorsque l'armée a tenté d'entrer dans plusieurs zones tenues par les insurgés.

Les violences à travers le pays ont fait 75 morts samedi, dont 38 soldats, 25 rebelles et 12 civils, selon l'OSDH.

Vendredi, les rebelles avaient abattu un hélicoptère de l'armée qui bombardait la Ghouta orientale, à la périphérie est de Damas, où sont basées les unités les plus organisées de l'Armée syrienne libre (ASL), composée de déserteurs et de civils ayant pris les armes, selon l'OSDH.

Un commandant rebelle a indiqué à l'AFP que des dizaines d'otages iraniens entre les mains des insurgés seraient exécutés si l'armée ne se retirait pas totalement de la Ghouta orientale, parlant d'un ultimatum expirant samedi.

L'Iran, fidèle allié du régime syrien, a réclamé samedi la libération immédiate de ces Iraniens, a rapporté l'agence officielle Irna.

Les rebelles accusent les otages d'être membres des Gardiens de la révolution, l'armée d'élite du régime islamique. L'Iran a indiqué qu'il y avait parmi eux des Gardiens de la révolution à la "retraite".

La Russie, autre soutien international de Damas, a livré samedi 24 tonnes de médicaments et de matériel médical à la Syrie, selon l'agence Sana.

A Malte, le sommet 5+5 réunissant cinq pays arabes (Algérie, Libye, Maroc, Mauritanie, Tunisie) et cinq pays européens a condamné vivement "les crimes odieux commis par les forces gouvernementales syriennes et ses milices et toute violence d'où qu'elle provienne", dans sa déclaration finale.

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