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Nouveaux tirs à la frontière entre Turquie et Syrie

06/10/2012 06:14 EDT | Actualisé 06/12/2012 05:12 EST

L'armée turque a une nouvelle fois riposté samedi à un tir d'artillerie syrien sur son territoire, rendant encore plus exécrables les relations entre les deux voisins, tandis que la ville de Homs dans le centre de la Syrie était la cible de nouveaux bombardements du régime.

Le président syrien Bachar al-Assad a effectué une rare apparition en public à Damas, où il s'est rendu samedi matin à un monument aux morts selon les médias officiels syriens.

L'armée turque a riposté samedi par quatre salves de mortier à un obus tiré par les forces loyalistes syriennes qui a atterri dans la province turque de Hatay (sud-est) sans faire de victime, indique un communiqué du gouvernorat de Hatay.

Depuis le grave incident survenu mercredi qui a coûté la vie à cinq civils turcs dans un village frontalier, la Turquie répond systématiquement par des tirs d'artillerie aux tirs syriens touchant accidentellement son territoire.

L'incident de samedi s'est produit près du village turc frontalier de Güveççi. Un obus de canon tiré depuis la zone syrienne voisine de Khirbet al-Joz, par l'armée syrienne visant des rebelles déployés à la lisière de la Turquie, est tombé dans un terrain vague.

L'Observatoire syrien des droits de l'Homme, une ONG basée en Grande-Bretagne s'appuyant sur un large réseau de militants et de médecins, a cependant démenti ce nouveau tir de représailles.

"Rien ne se passe sur la frontière entre la Turquie et la Syrie ce matin", a déclaré à l'AFP le chef de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane, selon qui deux obus de l'armée turque sont en revanche tombés au sud de la ville syrienne frontalière de Tall al-Abyad, vendredi soir.

L'incident meurtrier survenu mercredi dans le sud-est de la Turquie, le plus grave entre Damas et Ankara depuis la destruction d'un avion de combat turc par la défense anti-aérienne syrienne en juin, a provoqué un brusque regain de tensions et ravivé les craintes d'une propagation du conflit syrien.

Signe que les tensions entre la Syrie et la Turquie restent très vives, la télévision syrienne et l'agence officielle Sana ont annoncé samedi que l'armée syrienne avait tué à Alep quatre Turcs combattant dans les rangs des rebelles.

"Une unité de notre valeureuse armée a détruit (...) sept Mercedes à bord desquelles se trouvaient des terroristes, dont quatre Turcs", affirment les médias officiels.

Dans la terminologie officielle, le mot "terroriste" désigne les rebelles luttant contre le régime syrien.

Samedi, l'armée syrienne a continué à bombarder des fiefs rebelles, notamment à Alep et dans la ville de Homs (centre), tandis que cinq civils ont été tués dans des bombardements de la province de Homs, a rapporté l'OSDH.

Dans la ville même de Homs, la troisième de Syrie, le pilonnage du quartier rebelle de Khaldiyé s'est poursuivi, et des affrontements ont éclaté lorsque l'armée du régime a tenté d'entrer dans plusieurs zones tenues par les insurgés.

Ces attaques interviennent au lendemain de ce que l'OSDH a décrit comme la plus intense offensive sur Homs en cinq mois, au cours de laquelle le régime a pour la première fois mobilisé son aviation contre cette ville.

A Damas, les forces de sécurité étaient déployées en nombre dans le quartier des Mouhajirine (nord) et perquisitionnaient maison par maison, toujours selon l'OSDH.

Au sud-ouest de la capitale, les rebelles ont tué au moins deux soldats dans l'attaque d'un point de contrôle de l'armée.

Vendredi, les rebelles avaient abattu un hélicoptère de l'armée qui bombardait la Ghouta orientale, à la périphérie est de Damas, où sont basées les unités les plus organisées de l'Armée syrienne libre (ASL), composée de déserteurs et de civils ayant pris les armes, avait indiqué M. Abdel Rahmane.

Un commandant rebelle a indiqué à l'AFP que des dizaines d'otages iraniens entre les mains des insurgés seraient exécutés si l'armée ne se retirait pas totalement de la Ghouta orientale, parlant d'un ultimatum expirant samedi.

L'Iran, fidèle allié du régime syrien, a réclamé samedi la libération immédiate des ces Iraniens enlevés en Syrie depuis début août, avertissant que leurs ravisseurs seraient tenus responsables de leur vie, a rapporté l'agence officielle Irna.

Le 5 août, les rebelles avaient diffusé une vidéo montrant des otages iraniens, les accusant d'être membres des Gardiens de la révolution, l'armée d'élite du régime islamique.

L'Iran avait alors affirmé qu'il s'agissait de simples pèlerins avant de reconnaître qu'il y avait parmi eux des Gardiens de la révolution à la "retraite".

Vendredi, au moins 133 personnes, dont 70 civils, 24 rebelles et 39 soldats, ont été tuées, ont péri dans les violences à travers la Syrie vendredi, selon l'OSDH, qui a décompté plus de 31.000 morts en près de 19 mois de conflit.

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