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Jean-François Copé, en campagne à la présidence de l'UMP, parle de pain au chocolat (TWITTER)

06/10/2012 01:31 EDT | Actualisé 06/12/2012 05:12 EST

L'actuel secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé, en campagne pour la présidence du parti à Draguignan a quelque peu dérapé...

Le champion de la droite « décomplexée » a livré un discours musclé, prenant le contre-pied systématique de « la gauche bien-pensante ».

Après avoir brisé le « tabou » du racisme anti-blanc, longtemps chasse gardée de l'extrême droite, le député-maire de Meaux a ouvert un nouveau front en dénonçant le sort réservé aux enfants dans certains quartiers où résident de nombreux musulmans. « Il est des quartiers où les enfants ne peuvent pas manger leur pain au chocolat car c'est le ramadan », a déclaré Jean-François Copé, propos immédiatement retranscrits sur son compte Twitter.

Décidément en forme, Jean-François Copé a enchaîné les prises de position, visiblement résolu à durcir le ton.

Dans son livre Manifeste pour une droite décomplexée sorti mercredi, Jean-François Copé évoque déjà le cas d'enfants à qui l'on arrache leur goûter pour cause de ramadan (page 41): « Je pense à ces parents d'élèves traumatisés parce qu'un de leurs fils, qui prenait son goûter à la sortie du collège, s'est fait arracher sa nourriture des mains par une bande de jeunes qui se prenait pour une brigade iranienne de promotion de la vertu: 'pas pendant le ramadan!', avait-elle ordonné. »

Réactions en chaîne

Après ce rassemblement public, c'est bien la petite phrase du pain au chocolat qui a retenu l'attention, provoquant hilarité et indignation sur les réseaux sociaux où les internautes ont rivalisé d'ingéniosité pour tourner en dérision la posture du secrétaire général de l'UMP, qui ne cesse de droitiser son discours pour tenter de rattraper son rival François Fillon.

Le lendemain, samedi 6 octobre, la porte-parole du gouvernement Najat Vallaud-Belkacem a dénoncé la volonté manifeste de Jean-François Copé d'instrumentaliser le vivre ensemble sur RTL.

« Il faut en prendre chacun des aspects (...)? il faut se poser sérieusement la question: comment on fait pour que les Français vivent bien (...). Le jour où il voudra s'exprimer sereinement au lieu de chercher à exploiter les peurs et les fantasmes, alors je serai prête à l'écouter », a ajouté la porte-parole.

De son côté, Jean-François Copé a justifié samedi ses propos de la veille en expliquant qu'il y avait « derrière ce type de comportements une volonté d'instrumentaliser les religions », en marge d'une réunion publique à Fréjus. Samedi, il a expliqué avoir voulu décrire "des petites scènes du quotidien qui sont autant de petites blessures, de petites souffrances qui, parfois, sont plus grandes qu'on ne le croit".

« Je trouve que le rôle d'un responsable politique, c'est à la fois de le dénoncer et lorsqu'il est républicain, comme c'est mon cas, de proposer des réponses », a-t-il poursuivi.

La gauche bien pensante

Interrogé sur les réactions suscitées par ses propos, Jean-François Copé a jugé que s'il y avait émoi, il venait de « la gauche bien pensante qui, comme d'habitude, donne des leçons sans jamais voir ce qui se passe sur le terrain ».

« Mon propos, a-t-il insisté, c'est de raconter les souffrances du quotidien pour bien rappeler que cela n'a rien à voir avec les religions --Rien, ce sont des prétextes que l'on utilise, ce sont des rapports de violence gratuite qui sont de la souffrance pour nos concitoyens--, et de proposer des solutions » . « Ca, ça fait la différence », a-t-il dit.

Sur sa critique de la bien pensance, le candidat à la présidence de l'UMP a été rejoint par Lionnel Luca, membre de la droite populaire (aile droite du parti) et soutien de Jean-François Copé. Dans un tweet publié vers 12h, le député des Alpes-Maritimes a critiqué « le terrorisme pseudo intellectuel des bien-pensants »

SUR TWITTER:

Twitter se déchaîne sur le pain au chocolat de Copé

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