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Iran: confusion persistante sur le marché libre des changes

06/10/2012 07:15 EDT | Actualisé 06/12/2012 05:12 EST

Les changeurs de Téhéran ont refusé samedi d'appliquer un taux réduit pour le dollar imposé par le gouvernement afin de tenter d'enrayer l'effondrement de la monnaie iranienne dans un climat de confusion persistante, selon des témoignages recueillis par l'AFP.

"Nous avons reçu un ordre de l'Association des changeurs (sous le contrôle de la Banque centrale, NDLR) d'acheter le dollar à 25.000 rials et de le revendre à 26.000, mais personne ne veut travailler à ce taux et nous ne faisons pas de transactions", a indiqué un changeur à l'AFP.

Le rial s'est effondré de près de 40% en une semaine face aux principales devises, tombant mercredi à quelque 36.000 rials pour un dollar et provoquant des troubles dans le centre de Téhéran où changeurs officiels et marchands du bazar ont baissé leurs rideaux pendant deux jours.

Les changeurs étaient à nouveaux ouverts samedi, mais refusaient généralement de vendre ou acheter des dollars, a constaté l'AFP. Le marché des pièces d'or était également suspendu de facto.

Le site de l'Association des changeurs annonçait de son côté un taux de change du billet vert autour de 28.000 rials, mais plusieurs sites spécialisés ont suspendu samedi toute cotation des principales devises.

Dans la rue, quelques changeurs illégaux proposaient autour de 30.000 rials par dollar.

Le taux bancaire officiel du billet vert est de 12.600 rials, mais ce taux fixe, qui n'a pas changé depuis plusieurs mois, est réservé à quelques administrations ou entreprises dans des secteurs jugés essentiels pour l'économie iranienne.

Les autres entreprises ou les particuliers doivent se procurer les devises sur le marché libre.

L'Iran fait face depuis plusieurs mois à une pénurie croissante de devises, empêchant la banque centrale de soutenir le rial sur le marché libre, conséquence des sanctions bancaires et pétrolières occidentales de plus en plus sévères contre le programme nucléaire controversé de Téhéran.

L'effondrement du rial a provoqué une polémique au sein du régime iranien, plusieurs responsables mettant en cause la gestion du gouvernement du président Mahmoud Ahmadinejad, qui s'est défendu en incriminant les sanctions occidentales et les autres branches du pouvoir, notamment le Parlement.

bur-lma/cnp

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