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France: une «cellule» islamiste radicale démantelée, un de ses membres tué

06/10/2012 06:44 EDT | Actualisé 06/12/2012 05:12 EST
AFP

Une "cellule" islamiste radicale a été démantelée samedi en France et l'un de ses membres, un Français de 33 ans, a été tué à Strasbourg (est) après avoir ouvert le feu sur des policiers venus l'interpeller, le soupçonnant d'une attaque contre un commerce juif en septembre.

Onze personnes ont été placées en garde à vue.

"C'est une opération très sérieuse, d'envergure, qui est lancée déjà depuis plusieurs semaines et qui vise à démanteler des réseaux terroristes", a commenté depuis Lille (Nord) le Premier ministre français Jean-Marc Ayrault.

Des sources policières ont insisté sur la détermination et la violence de ces Français nés dans les années 1980 et 1990. Le suspect tué à Strasbourg, Jérémie Louis-Sidney, a fait feu au Magnum 357 sur les policiers qui ont riposté, le touchant mortellement, selon les premiers éléments de l'enquête. Un policier a reçu des balles au niveau de la tête et du coeur mais a été sauvé par son matériel de protection.

Un autre homme, interpellé dans la région parisienne, était muni d'un 22 Long Rifle, "une arme prête à tirer" selon le procureur de Paris François Molins. Les policiers sont également intervenus à Cannes (sud), où vivaient cinq membres présumés de la cellule, dont Jérémie Louis-Sidney.

Cette opération est liée à l'enquête sur le jet, le 19 septembre, d'une "grenade défensive yougoslave" dans une épicerie casher de Sarcelles (région parisienne), a précisé François Molins. Cet attentat, qui avait fait un blessé léger, avait suscité une vive émotion dans la communauté juive, six mois jour pour jour après la tuerie de l'école juive de Toulouse (sud-ouest), où Mohamed Merah avait assassiné trois enfants et un père.

Finir en martyr?

Les enquêteurs ont découvert le 25 septembre sur la grenade des traces ADN correspondant à Jérémie Louis-Sidney, "connu de la DCRI depuis le printemps 2012". Cet homme né à Melun, à l'est de Paris, condamné en 2008 pour trafic de stupéfiants, a été décrit par le procureur Molins comme "un délinquant converti à l'islam radical". Une source proche de l'enquête évoque "un voyou de cité".

Les autres personnes appartenant à ce que le haut magistrat a désigné comme "un réseau, quasiment une cellule", présentent des profils similaires. Trois ont un casier judiciaire pour des faits de droit commun.

"Il ne s'agit pas de réseaux terroristes qui viennent de l'extérieur, il s'agit de réseaux qui sont dans nos quartiers. Il ne s'agit pas d'étrangers, il s'agit de Français convertis, de Français musulmans", a relevé sur la télévision TF1 le ministre de l'Intérieur Manuel Valls, qui recevra dimanche avec François Hollande les représentants de la communauté juive.

Parmi les personnes appréhendées, "deux ou trois sont des convertis", a précisé une source proche du dossier.

Outre de l'argent liquide, de la littérature islamiste et du matériel informatique, les enquêteurs ont saisi "quatre testaments", selon M. Molins. Le procureur de Strasbourg, Patrick Poirret, a dit sa conviction que Jérémie Louis-Sidney, polygame, avait "probablement la volonté de finir en martyr".

Les objectifs de cette "cellule" restent toutefois obscurs. Lors de l'opération, les policiers ont retrouvé une "liste d'associations israélites en région parisienne", selon François Molins. "L'enquête devra déterminer quels étaient" ses éventuels projets terroristes. Mais "ils se posaient clairement en jihadistes", selon une source proche de l'enquête.

De même, Jérémie Louis-Sidney appartenait "à un groupe soupçonné, sans certitude, de vouloir rejoindre le terres du jihad", selon François Molins.

L'attentat de Sarcelles, commis selon les témoins par deux individus vêtus de noir et portant une capuche, était intervenu dans un contexte de tensions, juste après une manifestation non autorisée à Paris contre le film islamophobe "Innocence of Muslims" et au lendemain de la publication par Charlie Hebdo de ses caricatures du prophète Mahomet.