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Démantèlement d'une "cellule" terroriste, onze personnes arrêtés, une tuée

06/10/2012 01:55 EDT | Actualisé 06/12/2012 05:12 EST

PARIS - Les services antiterroristes français ont démantelé une "cellule" appartenant à la mouvance djihadiste, impliquée dans l'attentat contre une épicerie casher de Sarcelles (Val-d'Oise) le 19 septembre dernier, a annoncé samedi le procureur de la République de Paris, François Molins. Onze personnes ont été placées samedi en garde à vue lors de l'opération au cours de laquelle l'un des suspects, Jérémy Sydney, 33 ans, a été mortellement blessé par les tirs de riposte des policiers venus l'interpeller à Strasbourg.

Jérémy Sydney a tiré à six reprises, avec un Smith & Wesson 357 Magnum sur les policiers venus l'interpeller au domicile strasbourgeois de sa seconde épouse. Trois agents ont été blessés, a raconté le procureur lors d'une conférence de presse au palais de justice de Paris. Un autre homme a été arrêté armé alors qu'il revenait d'un lieu de prière, a dit François Molins.

Une liste d'associations israélites, quatre testaments de djihadistes présumés, des munitions, 27 000 euros en espèces et un exemplaire d'une revue d'al-Qaïda ont été retrouvés lors des perquisitions qui ont suivi les interpellations de samedi matin, a précisé le procureur François Molins.

L'enquête, conduit pour l'instant par la section antiterroriste du parquet de Paris devra "déterminer quels étaient les prochains objectifs de cette cellule", a déclaré le procureur.

"Quand vous avez un testament en poche, c'est que vous écrivez vos dernières volontés et que vous envisagez, a priori, des issues extrêmes, peut être dans des termes relativement courts", a relevé M. Molins précisant que Jérémy Sydney avait rédigé un testament. "On peut imaginer qu'ils avaient d'autre projets", a déclaré Eric Voulleminot, sous-directeur la Sous-direction antiterroriste (SDAT).

Lors d'une conférence de presse, le procureur de la République de Strasbourg Patrick Poiret avait expliqué que Jérémy Sydney était apparu "très déterminé" avec probablement la volonté de finir en martyr.

L'ADN de Jérémy Sydney a été identifié le 25 septembre sur les restes de la grenade défensive, de fabrication yougoslave, lancée dans l'épicerie casher de Sarcelles, selon François Molins.

Jérémy Sydney, condamné à deux ans d'emprisonnement pour trafic de stupéfiants, offre le profil d'un "délinquant converti à l'islam radical", comme plusieurs des personnes interpellées, a relevé le procureur Molins. Il a ajouté que des membres de cette "cellule" auraient, "sans certitude", voulu rejoindre "les terres de djihad".

Jérémy Sydney était surveillé depuis le printemps 2012 par la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) à la suite d'un renseignement. Mais il n'avait pas été entendu par ce service, selon le magistrat.

Toutes les personnes interpellées sont nées en France dans les années 80 et sont de nationalité française, a-t-il ajouté. Leur garde à vue peut durer jusqu'à 96 heures. Le parquet doit ouvrir une information judiciaire mercredi pour "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste" et "destruction par explosif".

L'opération s'est déroulée samedi matin à Strasbourg, en région parisienne et dans les Alpes-Maritimes. Plusieurs services y ont participé, la DCRI, la SDAT et la Police judiciaire de Versailles.

Le président de la République François Hollande a salué samedi "l'action de la police" et rappelé "la détermination entière de l'Etat à protéger les Français contre toutes formes de menaces terroristes", selon un communiqué de l'Elysée.

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