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Claude Pinoteau, le père de "La Boum", est mort

06/10/2012 01:12 EDT | Actualisé 06/12/2012 05:12 EST

PARIS - Il avait révélé au grand public Isabelle Adjani dans "La Gifle" et Sophie Marceau dans "La Boum", film culte des années 1980. Le réalisateur Claude Pinoteau s'est éteint à l'âge de 87 ans, après avoir signé plusieurs grands succès d'un cinéma populaire et attachant.

Le cinéaste est mort des suites d'une longue maladie, a-t-on appris auprès de la directrice de casting Françoise Menidrey, qui avait travaillé sur nombre de ses films. La "doyenne du casting" a dit à Sipa avoir appris le décès du réalisateur par son agent. Selon le site du "Journal du dimanche", qui a révélé l'information, le réalisateur s'est éteint vendredi matin à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine).

Il avait fait tourner la jeune Isabelle Adjani dans "La Gifle" (1974), un film récompensé par le prix Louis-Delluc qui avait fait connaître l'actrice du grand public. Mais le cinéaste avait aussi révélé Sophie Marceau, alors âgée de 13 ans, qui, grâce à son personnage de "Vic", dans les deux volets de "La Boum" en 1990 et 1982, allait devenir l'icône de toute une génération d'adolescents, puis l'une des actrices star du cinéma français.

Enfant de la balle, ce fils de régisseur et frère de réalisateur, aura mené une longue et riche carrière, exerçant successivement les métiers d'accessoiriste, de régisseur, de dialoguiste, de producteur, d'assistant-réalisateur puis de réalisateur de 13 films, dont certains ont connu un très grand succès populaire.

Claude Pinoteau avait collaboré avec plusieurs grands noms du cinéma, comme Jean Cocteau, Jean-Pierre Melville ou encore Max Olphüs. Après avoir travaillé comme assistant pour René Clément, Henri Verneuil, Philippe de Broca et Claude Lelouch, il avait signé son premier long métrage en 1972, "Le Silencieux", avec Lino Ventura, qu'il avait retrouvé pour "La Gifle" en 1974, et le thriller "La Septième cible" en 1984. Entre-temps il avait tourné avec Yves Montand "Le Grand Escogriffe" (1976).

Sa dernière oeuvre remontait à 2005. Il s'agissait d'un documentaire pour la télévision consacré à l'abbé Pierre ("Un abbé nommé Pierre, une vie pour les autres").

C'était "quelqu'un de formidable, un grand travailleur. Je n'ai jamais réussi à arriver avant lui", a confié François Menidrey à Sipa, se rappelant "un grand passionné", "d'une gentillesse totale" et "très sentimental". "D'ailleurs il travaillait toujours avec les mêmes techniciens", a-t-elle relaté, ajoutant qu'il était "très triste ces dernières années de ne pas pouvoir travailler".

"C'est un garçon qui a tout fait dans le cinéma", confiait samedi le réalisateur Claude Lelouch sur RTL. "Il a fait tous les métiers. Avant d'être premier assistant, il a travaillé avec Henri Verneuil sur 'Un singe en hiver' entre autres, et la liste des films qu'il a fait, c'est impressionnant. C'est un frère", a-t-il ajouté. "C'est un homme d'une bonté incroyable". Claude Pinoteau avait été assistant pour plusieurs de ses films, dont "L'aventure c'est l'aventure" sorti en 1972.

"Ce qui me frappait chez Claude Pinoteau, c'était l'humilité, une grande modestie et un sentiment d'avoir été au service du cinéma toute sa vie. Il était très émouvant comme personne et il mérite vraiment l'éloge", a commenté pour sa part Serge Toubiana, le directeur de la Cinématèque française sur LCI.

Danielle Thomson, qui avait signé avec lui le scénario de "La Boum", s'est dite "très choquée d'apprendre la mort de Claude Pinoteau". "Je ne savais pas qu'il était malade à ce point. C'était quelqu'un de totalement charmant. Un amoureux de la vie, très profondément romantique et joyeux! Claude était un être extrêmement attachant", a-t-elle confié au Figaro.fr.

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