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Bahreïn: le militant chiite Nabil Rajab entame une grève de la faim

06/10/2012 06:17 EDT | Actualisé 06/12/2012 05:12 EST

Le défenseur bahreïni des droits de l'Homme Nabil Rajab a entamé une grève de la faim, deux jours après avoir été autorisé à quitter brièvement la prison pour assister aux funérailles de sa mère, ont indiqué samedi des militants.

Nabil Rajab, un militant chiite de 48 ans, purge une peine de trois ans de prison pour participation à des manifestations illégales. Il a été relâché pendant une journée, le temps d'assister à l'enterrement de sa mère, avant d'être ramené à la prison, les autorités l'empêchant de recevoir les condoléances.

En signe de protestation contre cette "punition injustifiée", M. Rajab "a entamé une grève de la faim" vendredi, a indiqué le Centre bahreïni pour les droits de l'Homme.

Les autorités bahreïnies ont expliqué dans un communiqué que M. Rajab avait été empêché de recevoir les condoléances car il avait "violé les conditions de sa libération provisoire lors de l'enterrement en délivrant un discours incitant les participants à manifester".

Nabil Rajab, qui préside le Centre des droits de l'Homme à Bahreïn, avait été condamné le 16 août en première instance à trois ans de prison ferme pour avoir participé à des manifestations illégales et appelé sur les réseaux sociaux à participer à ces manifestations à Manama.

Une cour d'appel à Bahreïn a fixé au 16 octobre la prochaine audience dans ce procès.

Il avait été acquitté ou condamné à des amendes dans d'autres affaires notamment pour insulte aux sunnites.

Par ailleurs, cinq policiers ont été blessés, un véhicule de la police incendié et deux voitures particulières endommagées dans des heurts vendredi avec des manifestants près de Jad Hafs, une banlieue chiite de Manama, ont annoncé samedi les autorités.

Ces heurts ont suivi une cérémonie de deuil organisée à Jad Hafs à la mémoire d'un jeune chiite décédé mardi en prison où il purgeait une peine pour participation aux manifestations anti-gouvernementales de l'an dernier, selon des témoins.

Les protestataires, qui voulaient marcher sur la place de la Perle à Manama, haut lieu symbolique de la contestation de 2011 selon les témoins, "ont attaqué les policiers avec des cocktails Molotov" et "bloqué des rues", ont précisé les autorités dans un communiqué.

"Plusieurs émeutiers ont été identifiés et la procédure légale a été engagée pour les arrêter", ont-elles ajouté sans préciser leur nombre.

Bahreïn est secoué depuis février 2011 par un mouvement de contestation du régime, animé par des chiites qui réclament une monarchie constitutionnelle dans ce pays à majorité chiite dirigé par une dynastie sunnite.

ls/tm/hj

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