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Abou Hamza et ses quatre co-accusés entre les mains de la justice américaine

06/10/2012 08:19 EDT | Actualisé 06/12/2012 05:12 EST

Le prêcheur islamiste radical Abou Hamza et quatre co-accusés extradés de Londres dans la nuit, sont arrivés samedi aux Etats-Unis, où deux d'entre eux ont immédiatement plaidé non coupable, dans ce nouvel épisode d'une saga judiciaire transatlantique qui dure depuis huit ans.

Habou Hamza, 54 ans, l'ancien imam manchot et borgne de la mosquée londonienne de Finsbury Park aux prêches enflammés, devait comparaître dans l'après-midi devant un magistrat à New York, la ville où il avait été inculpé en avril 2004, notamment d'activités terroristes et prise d'otages au Yémen en 1998.

L'acte d'accusation aux 11 chefs lui sera lu mardi, lors d'une autre comparution, a annoncé le procureur fédéral à New York.

Deux des hommes extradés avec lui, Adel Abdul Bary, un Egyptien de 52 ans, et Khaled Al- Fawwaz, Saoudien de 50 ans, devaient être formellement mis en accusation samedi après-midi à New York, selon la même source.

Bary et Fawwaz sont accusés de complot avec Al-Qaïda en vue de tuer des Américains. Bary est en plus accusé de meurtres, pour les attentats contre les ambassades américaines de Dar-es-Salaam et Nairobi en 1998, qui avaient fait 224 morts, selon la justice américaine.

Le procureur de Manhattan, Preet Bharara, s'est réjoui samedi de ce que ces hommes "accusés d'être au coeur névralgique des actes terroristes d'Al-Qaïda" puissent enfin être traduits en justice.

Les deux derniers extradés, Babar Ahmad, 38 ans, et Syed Talha Ahsan, 33 ans, deux Britanniques arrêtés respectivement en 2004 et 2006, ont plaidé non coupable samedi matin devant un tribunal de New Haven (Connecticut).

Ils ont été placés en détention en attendant leur procès.

Babar Ahmad, un informaticien détenu sans jugement pendant huit ans en Grande-Bretagne, est accusé d'avoir créé et opéré avec Ahsan des sites internet qui soutenait les talibans et "les moujahidines tchetchènes" et prêchaient le jihad.

"Azzam publications" , dont l'un des sites opérait depuis le Connecticut, servait de recruteur et fournissait conseils et financement, selon le procureur fédéral du Connecticut.

Ils sont inculpés de soutien au terrorisme et complot visant à tuer des personnes à l'étranger. Babar Ahmad est en plus accusé de blanchiment d'argent.

Une pétition lancée par ses proches et signée par 150.000 personnes, avait été envoyée en vain l'an dernier au gouvernement britannique pour demander qu'il soit jugé à Londres.

Les cinq hommes ont été extradés dans la nuit de vendredi à samedi vers les Etats-Unis, quelques heures après le rejet d'un ultime recours devant la Haute Cour de justice de Londres.

Abou Hamza, né en Egypte et naturalisé britannique, est notamment accusé d'avoir contribué à l'enlèvement de 16 touristes occidentaux au Yémen en 1998, dont quatre avaient été tués lors d'une opération militaire pour les libérer.

Ses prêches enflammés avaient en leur temps été suivis à Londres par le Britannique Richard Reid, condamné et emprisonné à vie aux Etats-Unis pour avoir tenté de faire exploser un avion de ligne avec des chaussures piégées en décembre 2001.

Le Français Zacarias Moussaoui, également condamné à la réclusion à perpétuité aux Etats-Unis en liaison avec les attentats du 11-Septembre, aurait lui aussi été l'écouter.

Qualifié de "facilitateur terroriste à la portée internationale" par les autorités américaines, Habou Hamza est également accusé d'avoir été impliqué dans un projet de camp d'entraînement dans le nord-ouest aux Etats-Unis en 1999, et d'avoir aidé à financer des candidats au jihad désireux de se rendre en Afghanistan.

L'avocat d'Abou Hamza avait en vain demandé un report de l'extradition, afin de faire pratiquer une IRM sur son client pour établir s'il souffrait ou non d'une maladie dégénérative.

bd/chv

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