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Un soldat américain condamne le retour d'Omar Khadr au Canada

05/10/2012 10:01 EDT | Actualisé 05/12/2012 05:12 EST

Un ancien soldat américain qui a partiellement perdu la vue pendant le combat au cours duquel Omar Khadr a été capturé en Afghanistan est furieux d'apprendre que celui-ci a quitté la base militaire de Guantanamo Bay et qu'il est dorénavant incarcéré au Canada.

Lors d'une entrevue accordée à La Presse canadienne, l'ancien sergent Layne Morris a déclaré que Khadr représente, selon lui, un risque horrible pour la sécurité. Il s'est ensuite déclaré convaincu que Khadr n'en a pas encore terminé avec l'islam radical ou avec la notion de djihad.

L'homme de 50 ans a été touché par des éclats d'obus et a perdu la vue d'un oeil lors d'une attaque après laquelle Khadr a été retrouvé grièvement blessé. Un autre soldat américain, le sergent Chris Speer, a été tué.

En octobre 2010, Khadr a plaidé coupable à cinq accusations de crimes de guerre, notamment celle de meurtre pour avoir lancé la grenade qui a tué M. Speer. Il a écopé d'une peine supplémentaire de huit ans de prison, mais a pu rentrer au Canada samedi dernier.

M. Morris affirme que Khadr a profité de son séjour à Guantanamo pour se préparer à poser d'autres actes extrémistes. Mais plusieurs de ceux qui l'ont côtoyé, des soldats américains, des avocats et des spécialistes de la santé mentale, décrivent plutôt un jeune homme intelligent et doux qui veut une vie normale et s'applique à ses études.

Les partisans de Khadr le voient comme un enfant-soldat victimisé autant par sa propre famille que par le gouvernement canadien, un point de vue qui est sévèrement critiqué par plusieurs.

Hamish Marshall, un ancien stratège du gouvernement de Stephen Harper, et Ezra Levant, un des principaux détracteurs de Khadr et de ses partisans, ont ainsi lancé une campagne de financement en ligne pour aider la veuve du sergent Speer à éduquer leurs deux enfants. Les deux hommes admettent ne pas avoir parlé à Mme Speer, qui n'a pas répondu à une demande d'entrevue, mais l'argent sera remis à un cabinet d'avocats qui le déposera dans un compte en fiducie pour elle.

La campagne a été lancée lundi et avait recueilli près de 30 000 $ de quelque 400 personnes, vendredi après-midi.

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