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États-Unis: Barack Obama requinqué par un taux de chômage sous les 8%

05/10/2012 07:53 EDT | Actualisé 05/12/2012 05:12 EST

WASHINGTON - À un mois du scrutin, la campagne présidentielle américaine a rebondi vendredi avec le passage du chômage sous la barre des huit pour cent. Barack Obama n'a pas manqué d'y voir le résultat de son premier mandat à la Maison-Blanche, tandis que son adversaire républicain, Mitt Romney, relancé depuis leur débat télévisé de mercredi, mettait en doute la réalité de la reprise.

Le taux de chômage s'est établi à 7,8 pour cent en septembre contre 8,1 pour cent en août, avec la création de 114 000 emplois. C'est la première fois que le chômage tombe sous les huit pour cent depuis presque quatre ans pour revenir à son niveau de janvier 2009, quand Obama a pris ses fonctions. La Bourse de New York a bondi à son plus haut depuis près de cinq ans.

«Aujourd'hui, je crois qu'en tant que nation nous allons à nouveau de l'avant», a déclaré Barack Obama lors d'un rassemblement en Virginie, quelques heures après la publication des chiffres. «Le pays est allé trop loin pour revenir en arrière maintenant», a-t-il ajouté.

Cette annonce est d'une grande portée psychologique car aucun président n'a été réélu depuis la Grande Dépression des années 1930 avec un taux de chômage supérieur à huit pour cent. La publication des chiffres du chômage de vendredi est l'avant-dernière avant le scrutin du 6 novembre, placé sous le signe de l'économie.

La baisse du chômage a surpris la plupart des économistes. En ce climat électoral tendu, l'annonce a soulevé des interrogations, certains soupçonnant l'administration Obama d'avoir arrangé les statistiques à son avantage. «Ne peut pas débattre donc change les chiffres», a écrit sur son compte Twitter l'ancien chef de la direction de General Electric, Jack Welch.

«Je suis insultée lorsque j'entends cela car nous avons une fonction publique très professionnelle», s'est indignée la secrétaire d'État chargée du Travail, Hilda Solis, sur la chaîne CNBC.

Mitt Romney qui, de l'avis général, s'est montré à l'aise et déterminé face à un Obama en retrait lors de leur premier débat présidentiel suivi par 67 millions de téléspectateurs, a minimisé la portée des nouveaux chiffres du chômage. À 7,8 pour cent, «ça ne ressemble pas vraiment à une reprise réelle», a-t-il lancé.

Barack Obama l'a de nouveau accusé jeudi de reprendre des recettes du passé qui ont mené les États-Unis à la situation actuelle. «Ce n'est pas un projet créateur d'emplois», a-t-il affirmé.

Le taux de chômage a fluctué entre 8,1 pour cent et 8,3 pour cent depuis le mois de janvier, après avoir stagné entre 8,9 pour cent et 9,1 pour cent pendant dix mois en 2011. Il a baissé en septembre parce que davantage de gens ont trouvé du travail, une tendance qui pourrait avoir un impact sur les électeurs qui n'ont pas encore choisi leur candidat. L'économie américaine a aussi créé 86 000 emplois de plus en juillet et en août que l'estimation initiale.

De nombreux emplois créés en septembre étaient toutefois à temps partiel. Le nombre de personnes travaillant à temps partiel alors qu'elles souhaiteraient un emploi à temps plein a augmenté de 7,5 pour cent pour s'élever à 8,6 millions.

Malgré cela, le passage du chômage sous les huit pour cent pourrait marquer un tournant dans la campagne. Selon un récent sondage Associated Press-GfK, 17 pour cent des électeurs qui devraient se rendre aux urnes sont encore indécis ou pourraient changer d'avis sur leur vote le 6 novembre. Le prochain débat Obama-Romney est fixé au 16 octobre.

En attendant, les candidats démocrate et républicain faisaient campagne en Virginie vendredi, soucieux de séduire l'un des quelques États qui pourraient déterminer l'issue de la présidentielle.

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