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Syrie: les rebelles abattent un hélicoptère, nouveaux tirs à la frontière turque

05/10/2012 03:07 EDT | Actualisé 05/12/2012 05:12 EST

Un hélicoptère de l'armée a été abattu vendredi en banlieue de Damas par les rebelles alors que les tensions restaient vives à la frontière turque, Ankara ripostant à un nouveau tir syrien.

Après une escalade à la frontière en milieu de semaine, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan avait affirmé qu'il n'hésiterait pas à répondre à tout acte menaçant sa "sécurité nationale", prévenant que le régime du président Bachar al-Assad paierait un "prix élevé" en cas de nouvel incident.

Les troupes turques avaient bombardé mercredi et jeudi des cibles en territoire syrien --tuant plusieurs soldats syriens-- en riposte à des tirs syriens sur le village turc d'Akçakale ayant tué cinq civils.

Près de la capitale Damas, un hélicoptère de l'armée a été abattu par les rebelles alors qu'il bombardait le secteur de la Ghouta orientale, a déclaré à l'AFP le président de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) Rami Abdel Rahmane.

L'Armée syrienne libre (ASL), composée de déserteurs et de civils ayant pris les armes, a basé ses unités les plus organisées dans cette banlieue est de Damas.

Un commandant rebelle a indiqué à l'AFP que des dizaines d'otages iraniens entre les mains des insurgés seraient exécutés si l'armée ne se retirait pas totalement de la Ghouta orientale, parlant d'un ultimatum expirant samedi. L'Iran est un fidèle allié du régime syrien.

Ailleurs, l'armée poursuivait ses bombardements des bastions rebelles, notamment à Homs (centre). Le quartier de Khaldiyé a subi les bombardements les plus violents en cinq mois de la part des forces du régime, selon l'OSDH.

A Alep, deuxième ville du pays que se disputent rebelles et forces gouvernementales depuis la mi-juillet, des combats ont fait rage dans le quartier d'Arkoub (est), selon un journaliste de l'AFP.

En banlieue de Deir Ezzor, au moins 12 soldats ont été tués dans l'attaque d'un barrage, a indiqué l'OSDH.

Au moins 95 personnes, dont 37 soldats et 35 civils, ont péri dans les violences à travers la Syrie vendredi, selon un bilan provisoire de cette ONG.

Le chef du Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l'opposition, a accusé le régime de Damas d'avoir voulu "exporter la crise syrienne" en bombardant cette semaine le village turc d'Akçakale.

Alors que la situation à la frontière avait été calme vendredi matin, un tir en provenance de Syrie contre la localité frontalière turque d'Altinozu --qui n'a pas fait de victime--, a déclenché une riposte immédiate de l'armée turque vers 16h30 GMT, a rapporté la chaîne privée turque NTV.

Selon l'OSDH, les obus de la Turquie sont tombés près d'une position de l'armée syrienne au sud du poste-frontière de Tall al-Abyad tenu par les rebelles.

Jeudi, le gouvernement turc avait obtenu le feu vert du Parlement pour poursuivre les opérations militaires en territoire syrien. Mais le Premier ministre turc a assuré que son pays n'avait "pas l'intention de déclencher une guerre avec la Syrie".

Après de longues tractations entre les pays occidentaux et la Russie, un allié du régime Assad, le Conseil de sécurité de l'ONU avait dénoncé jeudi les tirs syriens contre le village turc et appelé à la retenue.

Le Conseil de sécurité a par ailleurs condamné "dans les termes les plus fermes les attentats terroristes" commis à Alep mercredi, qui ont fait au moins 48 morts, en majorité des militaires, et ont été revendiqués par un groupe extrémiste. Cette condamnation, réclamée par Damas, est une concession à la Russie, et a facilité un compromis après des heures de tractations.

Damas qualifie les rebelles de "terroristes" soutenus par des pays étrangers.

Comme chaque vendredi, des milliers de personnes ont manifesté contre le régime à travers la Syrie, réclamant ce jour "des armes, et non pas des déclarations, pour assurer la protection de nos enfants".

Les manifestations ont lieu chaque semaine depuis le début de la révolte en mars 2011, mais sont devenues moins importantes au fil des mois en raison de l'escalade des violences.

Dans la région d'Alep, des centaines de jeunes dont des enfants ont manifesté dans la ville kurde de Koubani, arborant des drapeaux kurdes et ceux de la Révolution syrienne, selon une vidéo diffusée par des militants sur YouTube.

A Alep même, plusieurs groupes d'une centaine de personnes dont des enfants ont défilé dans les quartiers sud. Encadrés par des hommes de l'ASL, ils criaient "le peuple veut la fin du régime" et appelaient à l'unité entre les factions rebelles, selon un journaliste de l'AFP.

Dans la capitale, plusieurs dizaines de personnes se sont rassemblées à Barzé (nord-est), selon une autre vidéo sur YouTube.

"Le peuple demande qu'on arme l'ASL", criaient des centaines d'hommes à la sortie d'une mosquée à Hilfaya, dans la province de Hama (centre).

Par ailleurs, un petit mouvement regroupant des alaouites syriens, minorité dont est issu le président Assad, a appelé sa communauté à se joindre à la révolte contre le régime, dans un communiqué.

bur-vl/feb

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