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Ottawa n'embauchera plus d'aumôniers non chrétiens dans les prisons

05/10/2012 10:49 EDT | Actualisé 05/12/2012 05:12 EST

Le gouvernement fédéral met fin aux contrats des aumôniers non chrétiens dans les prisons canadiennes, a appris le réseau anglais de Radio-Canada.

Les détenus de confession musulmane, sikhe, bouddhiste ou juive pourront se tourner vers les aumôniers chrétiens pour obtenir des conseils spirituels, selon le bureau du ministre de la Sécurité publique, Vic Toews, dont le ministère est responsable de Service correctionnel Canada.

M. Toews a fait les manchettes en septembre quand il a ordonné de retirer une offre d'emploi pour un aumônier wiccan dans une prison fédérale de Colombie-Britannique.

Le ministre disait alors qu'il n'était pas convaincu que l'embauche d'un aumônier d'une religion autre que chrétienne, à temps partiel, était pas une utilisation judicieuse de l'argent des contribuables.

Dans un courriel envoyé à CBC, le bureau du ministre affirme qu'en raison d'une évaluation, les aumôniers à temps partiel de confession non chrétienne seront remerciés. De plus, les aumôniers restants permanents offriront maintenant des services interconfessionnels à tous les détenus.

57 % de détenus chrétiens

Environ 57 % des près de 15 000 détenus au Canada s'identifient comme chrétiens, qu'ils soient catholiques, protestants, ou d'une autre déclinaison du christianisme.

Quelque 4,5 % s'identifient comme musulmans, 4 % suivent une forme de spiritualité autochtone, 2 % sont bouddhistes, et moins de 1 % s'identifient comme juifs ou sikhs.

Les données obtenues par la CBC montrent qu'avant l'annulation des contrats, qui entrera en vigueur à la fin mars 2013, 80 aumôniers sont employés à temps plein par Service correctionnel Canada, et un seul n'est pas chrétien. En outre, une centaine d'aumôniers sont employés à temps partiel, dont 20 qui ne sont pas chrétiens.

Le coût total du programme d'aumônerie de Service correctionnel Canada est d'environ 6,4 millions de dollars par année. Le montant qui sera épargné par les annulations n'est pas connu.

Les annulations sont vues comme une forme de discrimination par l'aumônier sikh Harkirat Singh, qui oeuvre en Colombie-Britannique. « Comment un aumônier chrétien peut offrir des conseils spirituels sur la foi sikhe, il n'a pas cette expertise », se demande M. Singh.

Un imam de Surrey, Aasim Rashid, doute aussi d'une expertise polyvalente. « Je ne crois pas que cela n'a été fait nulle part, d'avoir une personne d'une confession X qui s'occupe des besoins spirituel ou religieux de toutes les autres confessions ».

Pour sa part, la rabbin Dina-Hasida Mercy qualifie les annulations de « non canadiennes » et estime que les prisonniers ne peuvent devenir de bons citoyens à l'extérieur d'une prison s'ils ne sont pas aidés alors qu'ils sont à l'intérieur.

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