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Les médias étrangers exploitent l'affaire du viol à des fins politiques (ministre)

05/10/2012 11:57 EDT | Actualisé 05/12/2012 05:12 EST

Le ministre tunisien de la Justice, Noureddine Bhiri, a accusé les médias étrangers d'exploiter l'affaire du viol d'une jeune femme par des policiers à des fins politiques afin de "porter atteinte" à la Tunisie et au gouvernement dominé par les islamistes.

"Des déclarations dangereuses disant que la victime du viol est devenue une accusée ont été rapportées par des médias et journaux étrangers, ce qui indique que cette exploitation de l'affaire a été préméditée", a déclaré M. Bhiri dans une vidéo diffusée sur la page officielle Facebook du ministère de la Justice.

"C'est difficile de croire qu'il s'agit d'une simple coïncidence que tous ces médias ont été réunis pour parler du même sujet, le même jour et à la même heure (...) et insister pour montrer que la justice tunisienne n'est pas indépendante", s'est-il indigné.

"Je dis clairement et franchement que malheureusement beaucoup (de médias étrangers) ont commis volontairement ou involontairement un erreur terrible en véhiculant des propos (concernant l'affaire du viol) contraires à la réalité", a-t-il encore dit.

Selon M. Bhiri, "ce n'est pas par hasard" que cette affaire intervienne à l'approche du 23 octobre, une partie de l'opposition estimant que le gouvernement perd sa légitimité à cette date, un an après l'élection de l'Assemblée nationale constituante.

Le viol d'une jeune femme début septembre par deux agents de police a entraîné un vaste scandale, la victime risquant d'être poursuivie pour "atteinte à la pudeur", un délit passible de six mois de prison.

Elle avait été interpellée par les policiers dans une "position immorale" avec son fiancé tout juste avant le viol, selon le parquet.

Selon des opposants, des ONG et des médias ces poursuites transforment la "victime en accusée" et illustrent la politique à l'égard des femmes menée par les islamistes qui dominent le gouvernement tunisien.

"Cette affaire a pris des dimensions dépassant la sympathie et le soutien envers la victime", a constaté le ministre de la Justice.

Les violeurs présumés ont été incarcérés dès le dépôt de plainte de la victime. Celle-ci devrait savoir dans les jours à venir si elle fera l'objet de poursuites.

kl/alf/Bsh/feb

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