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Les dirigeants chypriotes discutent d'une contre-offre au plan de la troïka

05/10/2012 09:45 EDT | Actualisé 05/12/2012 05:12 EST

Le président communiste chypriote Demetris Christofias devait réunir vendredi les dirigeants des partis politiques du pays dans le but de formuler des contre-propositions aux conditions posées par la troïka (UE, FMI, BCE) pour accorder un soutien financier à Nicosie.

Privé d'accès aux marchés pour se refinancer, Chypre négocie actuellement avec la troïka les mesures d'ajustement budgétaires et réformes qui lui sont réclamées en échange des prêts sollicités fin juin.

D'après un document obtenu par la presse, le gouvernement proposerait d'augmenter ses recettes par des hausses d'impôts et des coupes budgétaires moins drastiques étalées sur une période plus longue que celle avancée par la troïka.

M. Christofias entendrait mettre sur la table un plan de réduction du déficit cumulé d'un peu plus d'un milliard d'euros d'ici fin 2016, au lieu des 975 millions réclamés par la troïka d'ici fin 2015.

La formule proposée par la troïka est elle composée à 80% de réductions des dépenses publiques et à 20% de hausses d'impôts.

Et pour le député Nicolas Papadopoulos du parti d'opposition Diko (centre-droit), miser sur des hausses d'impôts mènerait Chypre tout droit à la catastrophe.

"J'ai peur que la troïka ne se gausse de nos contre-propositions. J'ai l'impression que le gouvernement n'a pas bien saisi avec qui il négocie", a expliqué M. Papadopoulos à la radio publique.

Mercredi, Demetris Christofias avait exclu de souscrire aux conditions posées par l'UE et le FMI. "Nous ne leur disons pas seulement non, nous leur faisons des contre-propositions, que nous sommes en train de finaliser", avait-il affirmé.

Chypre n'a plus accès aux marchés financiers en raison des abaissements successifs de sa note par les agences de notation et a sollicité en juin l'aide de la troïka. Le montant de cette aide n'a pas été chiffré officiellement, mais pourrait atteindre, selon l'agence Standard and Poor's, 15 milliards d'euros sur trois ans.

En échange, selon la presse chypriote, la troïka demande à Nicosie notamment de réduire les salaires des fonctionnaires de 15%, les prestations sociales de 10%, de diminuer l'aide au logement et les subventions indexées sur l'inflation, et d'augmenter de nouveau la TVA.

cc/gde/vl

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