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La Régie donne le feu vert aux compteurs intelligents d'Hydro-Québec

05/10/2012 04:42 EDT | Actualisé 04/12/2012 05:12 EST

La Régie de l'énergie autorise Hydro-Québec à mettre en oeuvre la première phase de son projet d'installation de nouveaux compteurs intelligents.

Dans sa décision rendue vendredi, la Régie de l'énergie donne le feu vert à la phase 1 du projet de lecture à distance (projet LAD), qui consiste à remplacer 1,7 million de compteurs dans la grande région de Montréal au cours de la période 2012-2014.

Dans son ensemble, le projet vise le remplacement de 3,75 millions de compteurs d'électricité par des compteurs de nouvelle génération, ainsi que la mise en place de technologies de l'information au cours de la période 2012-2018.

La Régie rejette les arguments de groupes comme Option consommateur, l'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA) et Stratégies Énergétiques (SÉ) qui s'inquiètent des coûts additionnels qu'entraînerait cette technologie et de ses risques pour la santé.

Pas de problème pour la santé ni pour la vie privée

À ce chapitre, la Régie affirme avoir longuement analysé l'impact des radiofréquences (RF) sur la santé.« La preuve est que les RF émises par les compteurs de nouvelle génération ont une densité de puissance de 50 µW/m² à 1 m de distance. Selon différents cas, l'intensité de ces RF est de 20 000 à 300 000 fois inférieure aux normes de Santé Canada actuellement en vigueur. Les RF émises par un compteur de nouvelle génération sont, entre autres, beaucoup moins intenses que celles émises par un téléphone cellulaire », indique la décision de la Régie.

Elle conclut d'ailleurs que les émissions des compteurs de nouvelle génération ne comportent pas de danger pour la santé.

En ce qui a trait à la protection des renseignements personnels, la décision de la Régie de l'énergie indique qu'Hydro-Québec a pris diverses mesures de sécurité afin que les données enregistrées et transmises par les compteurs ne soient pas interceptées par des tiers.

La Régie estime que le projet LAD comporte plusieurs avantages immédiats pour les clients. Les releveurs de compteurs n'auront plus à accéder à leur propriété, et la facturation sera basée sur des données de consommation réelles et non estimées.

La Régie reconnaît néanmoins que le projet n'est pas sans risques, notamment au niveau des coûts projetés et des technologies déployées. Elle demande donc à Hydro-Québec de produire des suivis trimestriels et annuels.

Les consommateurs auront tout de même la possibilité de faire installer chez eux un compteur électronique pour 137 $ et des frais mensuels de 17 $.

L'AQLPA réclame une audience du BAPE, le syndicat est déçu

De leur côté, l'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique et Stratégies Énergétiques ne sont pas d'accord avec l'analyse présentée dans la décision. Ils demandent au gouvernement du Québec de convoquer une audience du BAPE afin « qu'un plus grand nombre d'experts et citoyens puissent témoigner des effets des radiofréquences des compteurs sur leur santé », ont indiqué les deux organismes dans un communiqué.

Le Syndicat des employés de techniques professionnelles et de bureau d'Hydro-Québec est quant à lui déçu de la décision de la Régie de l'énergie. Le Syndicat fait valoir qu'il a démontré à plusieurs reprises que le montage financier du projet comporte plusieurs erreurs et omissions entraînant un déficit d'au moins 104 millions de dollars.

Pour le moment, le Syndicat analyse la décision avec ses procureurs. Il annoncera ses intentions au cours des prochains jours.

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