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Jordanie: le mouvement de protestation depuis janvier 2011

05/10/2012 09:57 EDT | Actualisé 05/12/2012 05:12 EST

La Jordanie est touchée depuis janvier 2011, dans la foulée du Printemps arabe, par un mouvement de protestation marqué par des manifestations en faveur de réformes politiques et économiques de fond, ainsi que de mesures contre la corruption, sans pour autant réclamer le départ du roi Abdallah II.

--2011--

- 14 jan: Des milliers de personnes manifestent dans le calme dans plusieurs villes pour protester contre le chômage et l'inflation et réclamer la chute du gouvernement. Le 11 janvier, le gouvernement a annoncé des mesures d'urgence pour faire baisser les prix face à la grogne.

- 28 jan: Au moins 3.000 manifestants à Amman à l'appel des Frères musulmans, principale force d'opposition, et de sa branche politique, le Front de l'action islamique (FAI). 3e journée de manifestations dans le royaume depuis la mi-janvier.

- 1er fév: Le roi Abdallah II limoge son Premier ministre Samir Rifaï et charge Maarouf Bakhit de former un nouveau gouvernement pour calmer la rue. Le FAI critique le choix du roi, estimant que M. Bakhit n'est "pas un réformateur".

- 18 fév: Des partisans du régime attaquent une manifestation de centaines de jeunes: plusieurs blessés.

- 25 mars: De violents heurts opposent à Amman des manifestants réclamant des réformes à des partisans du régime et aux forces de l'ordre, faisant un mort et plus de 160 blessés (sources médicales).

- 14 août: Le souverain annonce les recommandations de la commission nommée par lui en avril, prévoyant notamment la création d'une Cour constitutionnelle et d'une commission indépendante pour surveiller les élections.

- 17 oct: Le roi nomme Aoun Khassawneh, juge à la Cour internationale de justice depuis 2000, au poste de Premier ministre.

--2012--

- 26 avr: Le roi accepte la démission de M. Khassawneh, accusé de freiner les réformes, et le remplace par un ancien chef du gouvernement, Fayez Tarawneh.

- 24 mai: Un employé se suicide en s'immolant par le feu dix jours après son licenciement: 5e cas d'immolation depuis janvier 2011. Le Printemps arabe a débuté en Tunisie en décembre 2010 avec le suicide d'un jeune vendeur ambulant, excédé par des humiliations policières répétées.

- 12 juil: Les Frères musulmans annoncent leur boycott des législatives anticipées en raison du "manque de réformes". Les islamistes accusent le système électoral de privilégier les régions rurales, considérées comme loyales au gouvernement, et demandent en particulier un système parlementaire dans lequel le Premier ministre serait élu et non plus nommé par le roi.

- 12 sept: Abdallah II juge que le boycott du prochain scrutin par les islamistes est une "énorme erreur de calcul" et estime que le scrutin est une étape "fondamentale dans le processus des réformes et la marche vers la transition".

- 4 oct: Le roi dissout le Parlement et convoque des élections anticipées. La date des prochaines élections n'est pas précisée, mais le roi a dans le passé exprimé le souhait qu'elles aient lieu d'ici fin 2012.

- 5 oct: Des milliers de personnes manifestent à Amman à l'appel de l'opposition islamiste pour réclamer des réformes de fond.

acm/bc/vl

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