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GP du Japon - Alex Wurz: "Il arrive un moment où 99,9% ne suffisent plus"

05/10/2012 07:32 EDT | Actualisé 05/12/2012 05:12 EST

L'Autrichien Alexander Wurz, vainqueur des 6 Heures de Sao Paulo le mois dernier dans une Toyota hybride, est revenu en F1 cette saison pour conseiller les pilotes Williams; il a réagi vendredi à Suzuka à la retraite de Michael Schumacher, entre autres sujets:

Q: Que vous inspire la retraite de Michael Schumacher ?

R: "On peut généraliser et parler de sport de haut niveau, pas seulement de la F1 ou Schumacher. Un être humain a une certaine quantité d'énergie, de volonté, de feu intérieur, et c'est pareil dans le sport ou les affaires. Certains la brûlent en deux ans, d'autres arrivent à durer 20 ans, mais c'est très dur de garder 110% d'enthousiasme, de concentration, de faim pour la victoire. Dans un environnement aussi extrême, sur la piste ou dans un conseil d'administration, il arrive un moment où 99,9% ne suffisent plus. C'est ce qui m'est arrivé (en 2007) alors j'ai décidé d'arrêter la F1. Il y avait trop d'à-côtés qui affectaient les 2% de temps que je passais dans la voiture. Ce n'est pas le cas aujourd'hui en endurance, je peux me concentrer uniquement sur le pilotage, me faire plaisir et rouler le plus vite possible".

Q: Quel est votre meilleur souvenir de course avec Schumacher ?

R: "Quand je l'ai doublé dans l'épingle du Loews, au GP de Monaco, alors que c'est un endroit où tout le monde dit que c'est impossible de doubler. J'étais en train de rattraper des attardés, je visais la 2e place mais pas contre lui, car on n'avait pas la même stratégie. Il avait des pneus neufs et il était tellement furieux de s'être fait doubler par moi qu'il m'est ensuite rentré dedans. C'était la fin de ma course".

Q: Comment vivez-vous votre nouveau métier de coach des pilotes Williams ?

R: "Ce n'est pas frustrant, sinon je ne serais pas là. C'est bien de pouvoir aider un pilote sur des détails, par exemple avec un petit commentaire qui provoque une réflexion de sa part. A la fin, ça permet surtout d'optimiser la performance de l'équipe, grâce aux influences de tout le monde. Mais ce n'est pas un +job+ que je ferai toute ma vie. J'ai des ambitions plus élevées, avec ma propre société, mais je ne peux pas en dire plus..."

Q: Que pensez-vous de Suzuka ?

R: "C'est vraiment un circuit fantastique, à l'ancienne, et très intéressant parce que chaque virage conditionne les suivants, il faut arriver à enchaîner. Ici, le style de pilotage a beaucoup d'influence sur le comportement de la voiture, donc c'est un vrai défi pour pilotes et ingénieurs. Ma meilleure course ici, c'était dans une voiture de sport, avant de faire de la F1. Une course de 1000 km, j'étais en tête... jusqu'à ce que ma suspension casse. C'est un circuit très excitant, très amusant si la voiture est bonne, mais si elle ne veut pas tourner à l'endroit qu'on veut, ça devient très frustrant parce qu'on perd beaucoup de temps".

Q: Que vous apporte aujourd'hui l'endurance, en tant que pilote Toyota ?

R: "Les voitures de sport sont vraiment très +cool+ à piloter, elles ont beaucoup d'appui aérodynamique et sont très bien équilibrées. J'aime aussi beaucoup les pneus Michelin, je suis un fan, car ils conviennent parfaitement à mon style, et les résultats le montrent. On espérait gagner dès cette année, parce que Toyota est le leader mondial de la technologie hybride, et notre système hybride est fantastique. Il est complètement intégré à notre voiture, ce qui est très futuriste. Il nous permet de compenser notre déficit de puissance par rapport aux Audi à moteur diesel, et c'est bon pour le spectacle".

Propos recueillis par Daniel ORTELLI

dlo/smr

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