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Des milliers de Jordaniens appellent au boycottage des élections

05/10/2012 05:50 EDT | Actualisé 05/12/2012 05:12 EST

AMMAN, Jordanie - Des milliers de Jordaniens se sont rassemblés vendredi pour appeler au boycottage des prochaines élections législatives, contestant les réformes constitutionnelles proposées par le roi Abdallah II pour éviter un soulèvement populaire dans le royaume.

La manifestation dans le centre de la capitale, Amman, était la plus importante depuis près de 22 mois de manifestations en Jordanie. Elle visait à montrer que les critiques du roi peuvent réclamer des changements par la rue plutôt que par la législature qui, selon les opposants, est trop dépendante de la monarchie.

La manifestation est survenue au lendemain de la dissolution du Parlement par le roi, ce qui ouvre la voie à de nouvelles élections. Aucune date n'a encore été fixée, mais les élections devraient avoir lieu à la fin de 2012 ou au début de 2013.

Lors d'un discours devant environ 7000 personnes, une personnalité des Frères musulmans, Hammam Saïd, a insisté sur la nécessité de boycotter les élections. La police avait bouclé le secteur.

«Nous ne reviendrons pas sur le boycottage des élections», a-t-il dit. Les manifestants ont répliqué en scandant: «Abdallah, nous voulons la liberté, pas vos faveurs royales».

Le principal point de discorde concerne une loi électorale adoptée il y a trois mois, qui permet à chaque électeur de s'exprimer sur deux bulletins de vote, dont un qui concerne une liste nationale, plutôt que sur un bulletin unique visant à désigner un élu dans chaque district électoral.

Le système des listes de partis favorise les coalitions larges qui défendent un programme idéologique, comme les islamistes, alors que le système par district électoral a tendance à élire des candidats tribaux pro-gouvernementaux qui tirent leur soutien de leur clan et de leurs proches.

Le gouvernement a fait valoir que le système mixte était une concession faite à l'opposition. Mais les Frères musulmans et d'autres groupes estiment que ces changements ne vont pas assez loin et auront pour résultat de remplir le Parlement de partisans de la monarchie.

«Les réformes sont cosmétiques et ne mèneront qu'à un Parlement docile, comme les précédentes législatures que nous avons eues», a lancé Hammam Saïd devant la foule de manifestants.

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