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Des Guatémaltèques expriment leur colère après la mort de six manifestants

05/10/2012 05:24 EDT | Actualisé 05/12/2012 05:12 EST

TOTONICAPAN, Guatemala - Des milliers d'autochtones du Guatemala ont exprimé leur colère, vendredi, après la mort de six personnes tuées par des tirs d'origine inconnue lors d'une manifestation la veille à l'ouest de la capitale.

La manifestation de jeudi près de la ville de Totonicapan visait à dénoncer les réformes dans le domaine de l'électricité et de l'éducation.

Le gouvernement guatémaltèque a déclaré que les manifestants bloquaient une autoroute quand des personnes non identifiées ont ouvert le feu de l'arrière d'une camionnette portant une plaque d'immatriculation civile, tuant six personnes et en blessant 34 autres.

Des manifestants ont accusé des soldats et des policiers d'avoir ouvert le feu sur la foule.

Les six victimes ont été enterrées vendredi à Totonicapan, où des milliers de personnes s'étaient rassemblées pour assister au défilé des cercueils sur la place centrale de la ville. Des centaines de personnes criaient «Justice! Justice!», tandis que des dizaines d'autres se sont précipitées sur les cercueils en signe de deuil.

La manifestation de jeudi a été alimentée par la colère envers le président Otto Perez Molina, qui a proposé des réformes constitutionnelles visant à moderniser les systèmes économique et réglementaire du Guatemala.

Les changements prévus comprennent également l'imposition d'un prix plafond pour l'électricité et l'obligation pour les enseignants d'accomplir une formation universitaire de cinq ans, plutôt que la formation spécialisée de trois ans en vigueur actuellement.

Les manifestants estiment que le prix plafond de l'électricité est trop élevé et s'opposent à l'obligation pour les futurs enseignants de suivre une formation plus longue.

La fusillade a éclaté quand deux camions de soldats sont arrivés au lieu de la manifestation pour appuyer la police, qui avait reçu l'ordre d'évincer les manifestants de l'autoroute.

Le président Molina a déclaré que les soldats et les policiers n'étaient pas armés et a promis une enquête indépendante sur l'incident. Mais un photographe de l'Associated Press présent sur les lieux a vu des policiers militaires en tenue antiémeute et munis de fusils d'assaut.

Des militants des droits de la personne ont indiqué que les douilles retrouvées sur les lieux étaient du même type que celles utilisées par l'armée.

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