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De nouvelles voies contre l'infertilité testées avec succès chez la souris

05/10/2012 10:36 EDT | Actualisé 05/12/2012 05:12 EST

PARIS - Des chercheurs ont réussi, chez la souris, à obtenir des ovocytes à partir de cellules souches embryonnaires ou de cellules souches adultes reprogrammées. Ces ovocytes ont été fécondés in vitro et ont permis de donner naissance à une portée de souriceaux, ont annoncé des chercheurs de l'université de Kyoto dans la revue «Science» publiée jeudi.

À terme, de telles recherches pourraient permettre de traiter des cas d'infertilité chez les femmes. Cependant, la reproduction de ces résultats à l'être humain est encore très lointaine, en raison des obstacles tant scientifiques qu'éthiques.

La même équipe japonaise a déjà obtenu l'année dernière une portée de souris à partir de spermatozoïdes issus non seulement de cellules souches embryonnaires, mais aussi de cellules souches pluripotentes induites. Il s'agit de cellules souches adultes de la peau reprogrammées pour retrouver les capacités des cellules souches embryonnaires, qui peuvent donner naissance à tout type de cellules de l'organisme.

Le procédé mis au point par Mitinori Saitou et ses collègues consiste d'abord à mettre les cellules souches embryonnaires et induites en culture avec un cocktail de molécules pour qu'elles se transforment en cellules germinales primordiales, point de départ commun des spermatozoïdes et des ovocytes. Cependant, ces derniers possèdent un développement plus complexe que les spermatozoïdes.

Pour relever le défi, les chercheurs de Kyoto ont mélangé les cellules germinales primordiales avec des cellules de tissu ovarien prélevé sur des embryons de souris. Ils ont ainsi obtenu in vitro des structures similaires à des ovaires qu'ils ont implantées chez des souris. Au bout de quatre semaines, ils ont pu prélever des ovocytes issus des cellules greffées. Ces ovocytes ont été fécondés in vitro pour obtenir des embryons implantables chez des souris femelles. Une nouvelle génération de souris elle-même fertile est ainsi née.

Ce travail démontre pour la première fois que des ovocytes peuvent être obtenus à partir de cellules souches induites, un processus qui permettrait de créer des ovules à partir de cellules adultes de la peau d'une femme.

Mais une telle perspective soulève des questions éthiques fondamentales. «Cela pourrait signifier que les femmes n'ont plus à se soucier de l'horloge qui tourne», relève Hank Greely, professeur de droit à l'université de Sanford, en Californie, et spécialiste des questions biomédicales.

«Je ne pense pas qu'il y ait là un énorme potentiel clinique», juge de son côté David Albertini, biologiste à l'université du Kansas, interrogé par l'Associated Press.

Il n'est pas du tout certain que cette «recette» puisse être appliquée aux cellules humaines, qui possèdent des propriétés différentes des cellules de souris. Par ailleurs, les chercheurs ne pourront pas facilement disposer de cellules embryonnaires ovariennes humaines pour reproduire le procédé.

Cependant, dans l'immédiat, ces recherches fournissent de nouveaux moyens pour étudier toutes les étapes du développement de l'ovocyte in vitro, soulignent les chercheurs dans la revue «Science».

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