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CORRIGÉ: USA: le taux de chômage tombe à son plus bas depuis l'élection d'Obama

05/10/2012 11:34 EDT | Actualisé 05/12/2012 05:12 EST

Le rapport officiel sur l'emploi aux Etats-Unis a créé une double surprise vendredi en révélant une baisse du chômage à son niveau le plus faible depuis l'entrée en fonction du président Barack Obama en janvier 2009, et des embauches poussives.

A un mois et un jour de l'élection présidentielle américaine qui opposera le président sortant au représentant du Parti républicain, Mitt Romney, les chiffres du département du travail apportent à chacun des deux camps de quoi alimenter sa rhétorique contre l'autre.

Selon le ministère, le taux de chômage américain a connu en septembre sa baisse la plus forte en 21 mois: il a reculé de 0,3 point par rapport à août pour tomber à 7,8%, alors que la prévision médiane des analystes le donnait stable.

Les créations d'emploi nettes ont cependant reculé de 20% par rapport à août pour s'établir à 114.000 en septembre, leur niveau le plus faible en trois mois.

Les embauches du secteur privé ont certes augmenté de 7%, mais à 104.000, leur niveau de septembre apparaît nettement inférieur à ce sur quoi tablaient les analystes (130.000).

Les chiffres du gouvernement interdisent au Parti républicain de continuer à accuser M. Obama d'être responsable du maintien d'un chômage supérieur à 8% depuis le mois ayant suivi son entrée à la Maison Blanche, mais M. Romney a réagi rapidement à leur publication en affirmant qu'ils ne témoignaient "pas d'une vraie reprise".

La Maison Blanche a tenu pour sa part le même discours que le mois précédent: la tâche n'est pas accomplie mais "les chiffres d'aujourd'hui apportent des preuves supplémentaires" du rétablissement de l'économie après la récession terrible de 2007-2009.

Le pays est effectivement encore loin de s'être remis de la crise. Les chiffres officiels montrent que le taux d'activité (mesurant le nombre des personnes employées ou cherchant activement du travail par rapport à l'ensemble de la population) était en septembre à peine supérieur à ce qu'il était en août, où il avait touché son niveau le plus faible depuis 1981.

Plusieurs économistes notaient vendredi que cet indicateur explique et relativise le reflux du taux de chômage officiel depuis son pic de 10,0% atteint en octobre 2009.

Harm Bandholz, de la banque UniCredit note ainsi que pour obtenir la baisse de 1,3 point annoncée pour les douze derniers mois, le pays aurait dû créer 250.000 emplois par mois en moyenne, alors qu'il n'en a créé que 150.000.

L'amélioration du taux de chômage résulte en fait essentiellement de la non-comptabilisation de millions de chômeurs.

Pour avoir une idée réelle du fléau, il faut ajouter aux 12,1 millions de chômeurs "officiels" 6,4 millions de personnes désirant un emploi mais que le ministère exclut de ses calculs car elles ont cessé de chercher, ne cherchent pas activement, ou pour d'autres raisons encore.

Selon Peter Morici, professeur d'économie à l'Université du Maryland, le taux de chômage serait en fait de 9,8% "si le taux d'activité était le même aujourd'hui" qu'en octobre 2009.

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