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Amnesty appelle Tripoli à lever "le siège" de la ville de Bani Walid

05/10/2012 03:43 EDT | Actualisé 05/12/2012 05:12 EST

Amnesty International a appelé vendredi les autorités libyennes à lever "le siège" imposé à Bani Walid, une ville de l'ouest du pays qui fut un des derniers bastions de l'ancien régime, et y permettre l'entrée de produits de base.

Fin septembre, le Congrès général national (CGN), la plus haute autorité du pays, avait donné ordre d'arrêter, par la force si nécessaire, les responsables de l'enlèvement en juillet à Bani Walid d'Omar ben Chaabane, un des rebelles qui avaient capturé le colonel Mouammar Kadhafi.

"Cela est inquiétant de voir que ce qui devait être une opération (...) pour arrêter des suspects ressemble de plus en plus au siège d'une ville et à une opération militaire", déplore dans un communiqué Hassiba Hadj Sahraoui, directrice adjointe du programme Afrique du Nord et Moyen-Orient d'Amnesty.

L'ordre donné par le CGN a été suivi d'une concentration de troupes de l'armée et des milices autour de Bani Walid.

Grièvement blessé par balles lors de son enlèvement, ben Chaabane avait été libéré à la suite d'une médiation, mais se trouvant toujours dans un état critique il avait été envoyé dans un hôpital en France, où il est décédé le 24 septembre.

Sa mort a ravivé les tensions entre les deux villes voisines: Bani Walid et Misrata d'où était originaire ben Chaabane.

Les autorités ont également appelé à la libération d'autres détenus à Bani Walid et fixé à des milices un délai de 10 jours, expirant ce vendredi.

"Au moins quatre autres personnes de Misrata seraient détenues par des milices armées à Bani Walid", souligne Amnesty.

Mardi, une personne a été tuée et cinq blessées dans des affrontements près de Bani Walid, selon des responsables locaux qui ont accusé des miliciens de Misrata de tenter de pénétrer dans leur ville.

Amnesty fait état également de l'arrestation de centaines d'habitants de Bani Walid par les milices armées et leur maintien en détention sans jugement à travers la Libye, notamment à Misrata. Plusieurs ont été torturés, note l'ONG.

Mme Sahraoui a exhorté les autorités à mettre "dans l'immédiat un terme aux enlèvements sans mandat perpétrés par les milices armées et à fermer tous les centres de détention non officiels".

dsg/feb/vl

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