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Algérie: mort du médecin Pierre Chaulet, figure de l'anticolonialisme

05/10/2012 07:28 EDT | Actualisé 05/12/2012 05:12 EST

Le professeur Pierre Chaulet, militant anti-colonialiste et principal artisan de l'éradication de la tuberculose en Algérie, est décédé vendredi à l'âge de 82 ans des suites d'un cancer.

Dans un premier temps, Chaulet avait été donné mort à Alger mais la radio nationale a annoncé plus tard qu'il était décédé à Montpellier, dans le sud de la France, information confirmée à l'AFP par l'ancien Premier ministre algérien et ami du défunt, Rédha Malek.

C'"était un homme à principes, un juste" qui "a toujours défendu et exalté la dignité", a déclaré M. Malek.

Né le 27 mars 1930 à Alger, Pierre Chaulet a lutté contre le colonialisme français auprès de figures emblématiques de la révolution algérienne.

Il a effectué des opérations secrètes avec les combattants du Front de libération nationale (FLN) sous les ordres du révolutionnaire indépendantiste Abane Ramdane.

Selon un de ses proches, Chaulet avait demandé a être enterré à côté de la tombe d'Henri Maillot, un autre militant algérien d'origine européenne, qui avait rejoint les rangs des indépendantistes, au cimetière chrétien d'El Madania, à Alger.

Chaulet a été expulsé en France durant la guerre d'Algérie mais a réussi, avec sa femme Claudine qui avait également épousé la cause algérienne, à rejoindre le FLN en Tunisie où il a continué ses activités de résistant à la fois comme médecin et comme journaliste au journal du FLN, El Moudjahid.

Il est l'un des membres fondateurs de l'agence de presse algérienne APS, à Tunis en 1961.

D'origine française, il a acquis la nationalité algérienne en 1963.

Fonctionnaire de l'Etat algérien en qualité de professeur de médecine, il était expert de la tuberculose auprès de l'organisation mondiale de la santé (OMS) depuis 1981. Pierre Chaulet est notamment connu pour son travail remarquable dans la lutte contre la tuberculose, qu'il a initiée au lendemain de l'indépendance.

Il a été élu à la première Assemblée populaire communale de la ville d'Alger, élu vice-président de l'Observatoire national des droits de l'Homme (1992-1996), puis chargé de mission pour la santé auprès du chef du gouvernement (1992-1994).

Durant la décennie noire des années 90, il a été menacé de mort et forcé à un exil de plus de quatre ans. A son retour, et bien qu'ayant pris sa retraite, il a apporté sa contribution d'expert OMS et de consultant en santé publique au ministère de la Santé et au Conseil national économique et social.

Avec Claudine, qui a été professeur de sociologie à l'université d'Alger, il a co-écrit un livre de mémoires: "Le choix de l'Algérie: deux voix, une mémoire", sorti en 2012 aux éditions Barzakh.

amb/vl

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