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Jeudi matin: autres ajouts au rappel de produits du boeuf au Canada

04/10/2012 07:43 EDT | Actualisé 04/12/2012 05:12 EST
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OTTAWA - La compagnie XL Foods, au coeur de la plus récente éclosion de la bactérie E. coli au Canada, a rompu le silence, jeudi, alors que le ministre de l'Agriculture Gerry Ritz a fait face à une nouvelle tempête de critiques de la part de l'opposition par rapport au plus grand rappel d'aliments de l'histoire du pays.

XL Foods, qui exploite une usine à Brooks, en Alberta, où la contamination s'est produite pour la première fois, a effectué une première déclaration publique à propos du rappel depuis le commencement de la crise, au début septembre.

«Nous acceptons l'entière responsabilité des activités de notre usine et des aliments qui y sont produits», a indiqué l'entreprise par voie de communiqué.

«Nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour mettre en place un système amélioré de sécurité alimentaire dans nos installations», a-t-elle ajouté.

M. Ritz, de son côté, a convoqué une conférence de presse à très brève échéance, la deuxième en deux jours, concernant ce qu'il qualifie de «désinformation» à propos de cette contamination à l'E. coli.

Le ministre a assuré que la licence d'exploitation de l'usine avait été suspendue et que les opérations ne reprendraient pas avant qu'il ne reçoive un avis écrit favorable de l'Agence canadienne de l'inspection des aliments (ACIA) indiquant que l'usine est sécuritaire.

«Il y a une très grande quantité de fausses informations qui circulent, et certaines personnes se livrent à des extrapolations en affirmant que des compressions ont eu lieu dans notre système de vérification des aliments. Je peux vous assurer que cela est absolument faux», a-t-il déclaré.

Le ministre a par la suite assisté à la période des questions au Parlement, sa première présence de la semaine. Sa démission a été réclamée par le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Thomas Mulcair.

Ce dernier l'a accusé d'avoir caché des informations au public pendant plusieurs jours à la suite de la première détection de l'E. coli, au début septembre.

«Le ministre de l'Agriculture savait ce qui se passait. Il a caché ce qu'il savait aux Canadiens et il refuse de rendre des comptes», a déclaré M. Mulcair.

«Il est l'homme responsable de la mise en place du système d'auto-surveillance, il est responsable. Pourquoi ce ministre de l'Agriculture est-il encore en poste? Il doit démissionner.»

M. Ritz a répliqué en affirmant qu'il n'existait pas de tel système, et que 46 employés de l'ACIA oeuvraient à l'usine lorsqu'elle était en activité.

«Nous travaillons à nous assurer que l'ACIA dispose des normes réglementaires et des ressources monétaires nécessaires pour accomplir son travail», a-t-il lancé.

Le président de l'agence, George Da Pont, a pour sa part indiqué qu'il ne signerait pas d'avis favorable à la reprise des activités à l'usine de XL Foods avant que l'ACIA ne soit convaincue que l'ensemble des problèmes ont été résolus.

Les inspecteurs examinent les carcasses se trouvant toujours à l'intérieur de l'usine, a-t-il dit.

Les consommateurs canadiens peuvent s'attendre à des rappels supplémentaires de produits alors que les inspecteurs continuent de vérifier l'état des viandes et les documents administratifs, ont indiqué des responsables.

Pendant ce temps, le comité sénatorial sur l'agriculture a amendé un projet de loi à venir sur la sécurité alimentaire qui comprendra un examen obligatoire, tous les cinq ans, des ressources et des inspecteurs disponibles pour faire respecter le système de sécurité alimentaire.

Le chef libéral intérimaire Bob Rae a exigé de son côté que le vérificateur général procède à un examen en profondeur de l'ensemble du système d'inspection des aliments.