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Tunisie: 130 atteintes à la liberté de la presse depuis janvier 2012 (RSF)

04/10/2012 12:05 EDT | Actualisé 04/12/2012 05:12 EST

Quelque 130 atteintes à la liberté de la presse ont été recensées en Tunisie depuis janvier 2012, a révélé jeudi à Tunis Olivia Grey, directrice du bureau tunisien de l'organisation Reporters sans frontières (RSF).

"Quelque 130 atteintes à la liberté de la presse ont été recensées depuis le 1er janvier 2012", a-t-elle précisé lors d'une conférence de presse, évoquant une moyenne de "trois agressions de journaliste par semaine".

Depuis la chute de l'ancien président tunisien Zine El Abidine Ben Ali en janvier 2011, les journalistes sont la cible de la police et aussi de manifestants, en particulier des islamistes radicaux, furieux contre la couverture médiatique qui, selon eux, "sème la sédition".

Les autorités tunisiennes affirment vouloir purger les médias des laudateurs et partisans du régime Ben Ali, qui seront cités sur une liste noire comprenant également les journalistes impliqués dans des affaires de corruption.

"Si des journalistes se sont rendus coupables de faits de corruption, il est parfaitement légitime qu'ils soient condamnés. Mais c'est une justice indépendante qui doit faire son travail en s'appuyant sur les faits et pas en publiant des listes noires", a lancé Christophe Deloire, directeur général de RSF.

"C'est un exercice de pression afin d'intimider" les journalistes, a-t-il ajouté.

Les autorités tunisiennes entretiennent des relations conflictuelles avec plusieurs médias publics qu'elle sont accusées de vouloir contrôler, en particulier par la nomination de directeurs proches du gouvernement, dirigé par le parti islamiste Ennahda.

Plusieurs désignations à la tête des médias publics depuis janvier ont été dénoncées par les organisations professionnelles, alors que l'instance chargée de réformer le secteur des médias après la révolution de janvier 2011 s'est sabordée en juillet, accusant le gouvernement d'entrave aux réformes.

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