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Romney préserve ses chances d'un retour dans la course, mais devra confirmer

04/10/2012 12:28 EDT | Actualisé 03/12/2012 05:12 EST

Le républicain Mitt Romney, combatif lors de son premier débat mercredi face à un Barack Obama qui a semblé émoussé, a sauvegardé ses chances de revenir dans la course à la présidentielle américaine, mais il devra encore confirmer pour triompher le 6 novembre.

Un sondage CNN publié une heure après le débat a donné l'ancien gouverneur du Massachusetts vainqueur pour 67% des personnes interrogées, tandis que 25% d'entre elles estimaient que c'était le président sortant qui s'était le mieux sorti de l'affrontement de Denver (Colorado, ouest). Une enquête CBS donnait elle aussi l'avantage à M. Romney.

"Je ne pense pas qu'il y ait le moindre doute (...) Romney a gagné", affirme G. Terry Madonna, du Franklin and Marshall College, qui a suivi les débats présidentiels américains depuis 1960. "Il était plus dynamique, sans être provocateur ou combatif", selon cet expert.

En revanche, M. Obama, qui s'était isolé pendant deux jours pour se préparer, est apparu "un peu grognon et irrité, et il n'a pas semblé affûté, il n'a pas tapé très fort sur Romney", remarque Clyde Wilcox, professeur de sciences politiques à l'université de Georgetown.

Par exemple, M. Obama n'a pas mentionné une seule fois la fameuse vidéo volée dans laquelle on voit le candidat conservateur évoquer la mentalité de "victimes" de 47% des Américains, alors que les démocrates ont centré de nombreuses publicités sur cette affaire, note M. Wilcox.

M. Romney, qui avait beaucoup à perdre mercredi soir, car il accuse un retard préoccupant dans certains des Etats où devrait se jouer l'élection dans cinq semaines, n'a pourtant pas réalisé de K.O., souligne le professeur de sciences politiques Kareem Crayton, de l'université de Caroline du Nord.

"Ce n'était sans doute pas une séquence qui va changer la nature de la course. Toutefois, c'était une performance très solide" de la part de M. Romney, observe-t-il. Mais M. Obama n'a pas démérité, et "je ne pense pas qu'un ou l'autre camp utilise des extraits (de ce débat) dans des publicités négatives", assure l'universitaire.

Pour M. Wilcox non plus, la soirée de mercredi à elle seule ne permettra pas au républicain de reprendre l'ascendant sur le président. "Romney a encore une forte pente à gravir. Dans deux ou trois jours, on le verra peut-être passer devant en Virginie ou en Floride", deux Etats-clé, dans les intentions de vote, estime-t-il.

Mais "la carte électorale est difficile pour lui. En Ohio, il est neuf ou dix points derrière", comme dans le Wisconsin, rappelle cet expert: "s'il perd les deux, il devra gagner tous les autres Etats-clé".

La bonne performance de M. Romney "le met à portée d'une victoire dans ces Etats. Mais je pense qu'il devra gagner au moins un autre des débats" sur les deux prévus d'ici au 22 octobre, selon M. Wilcox, un avis que M. Crayton partage: "au moins, cela lui permet de pouvoir espérer gagner là où il le doit".

Thomas Mann, expert à l'institut Brookings de Washington, met toutefois en garde quant à un phénomène bien connu, les tentatives de chaque camp, après les débats, d'interpréter tel ou tel aspect de la confrontation en faveur de son candidat.

Ce jeu "a plus de conséquences que le débat lui-même, même s'il n'a jamais changé la direction des élections précédentes", explique-t-il. "Les journalistes et la gauche voulaient du sang, et Obama n'a pas fait saigner Romney", concède M. Mann.

Mais d'un autre côté, "les vérificateurs d'informations vont s'en donner à coeur joie sur Romney, il a menti sans vergogne à de nombreuses occasions", assure cet expert, qui s'étonne aussi, comme M. Wilcox, que M. Obama n'ait "pas sauté à la gorge (de son adversaire) avec les 47%".

Il prédit lui aussi une "hausse légère, mais temporaire" dans les sondages pour M. Romney, mais prévient que M. Obama, en l'état actuel des choses, "reste le vainqueur" prévisible de l'élection du 6 novembre.

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