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L'opposition libérale exige que Pauline Marois renonce à fermer Gentilly-2

04/10/2012 03:03 EDT | Actualisé 04/12/2012 05:12 EST
PC

QUÉBEC - L'opposition libérale ne baisse pas les bras et promet de lutter contre la décision «idéologique» du gouvernement péquiste de fermer la centrale nucléaire Gentilly-2, de Bécancour.

La députée de Trois-Rivières, Danielle St-Amand, s'est déchaînée jeudi en entrevue à La Presse Canadienne contre la décision annoncée la veille par le gouvernement Marois de tirer un trait sur la seule centrale nucléaire au Québec.

La ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet, a fait un choix «improvisé, idéologique et méprisant pour les citoyens de la Mauricie», a fait valoir Mme St-Amand, furieuse que Mme Ouellet et la première ministre Pauline Marois n'aient pas pris la peine de venir rencontrer les décideurs locaux.

«Ils ont pris leur décision sans tenir compte des citoyens de chez nous, des gens qui sont touchés, de l'économie (...) Ça fait un mois qu'ils sont élus et ils sont en train de semer le chaos au Québec et particulièrement chez nous en Mauricie», a pesté la députée.

La ministre Ouellet a scellé le sort de Gentilly-2 sur la base d'un rapport d'Hydro-Québec qui estime aujourd'hui à 4,3 milliards $ le coût de la réfection de la centrale, plus du double de la facture prévue en 2008.

D'après le rapport, la croissance des coûts de réfection combinée à la baisse du prix de l'électricité sur le marché ne justifie plus l'investissement dans la filière nucléaire.

Mais ces arguments ne sont pas suffisamment convaincants aux yeux de la députée de Trois-Rivières, pour qui le rapport d'Hydro-Québec semble n'avoir retenu que le scénario le plus pessimiste pour valider la fermeture d'un complexe employant près de 800 personnes.

Selon elle, les coûts de réfection ne sont pas les seuls facteurs à considérer dans la décision. L'ancien gouvernement libéral, a-t-elle rappelé, souhaitait obtenir des données sur la viabilité des installations.

«Si à 4,3 milliards (la centrale) en avait rapporté 10 milliards, est-ce que Mme Ouellet aurait été d'accord avec la fermeture de Gentilly-2?», a soulevé Mme St-Amand.

Pour la députée trifluvienne, il est du devoir de Mme Marois, de Mme Ouellet et du PDG d'Hydro-Québec, Thierry Vandal, de se rendre en Mauricie pour écouter ce que les intervenants locaux ont à dire.

«Il faut entendre les experts, les gens du milieu, qu'ils viennent rencontrer la mairesse, la Chambre de commerce, qu'ils nous donnent des explications sur les chiffres, la ventilation des coûts, d'où ils proviennent. Les gens chez nous se sentent mis de côté, se sentent inconsidérés», a-t-elle dit.

Les libéraux exigent également une commission parlementaire pour faire le tour du dossier, une revendication qu'ils partagent avec la Coalition avenir Québec (CAQ). Une différence notable toutefois: la CAQ ne remet pas en question la décision du gouvernement de déclasser la centrale.

«C'est la décision du gouvernement et on va l'accepter mais on veut quand même poser des questions à Hydro-Québec sur la sécurité énergétique, sur l'approvisionnement et sur les coûts. Je veux qu'on nous explique comment on est arrivé à 4,3 milliards (pour la réfection de Gentilly-2) alors que le coût a été de 2,4 milliards pour Pointe Lepreau (une centrale jumelle)», a déclaré le député de la CAQ, François Bonnardel.

De son côté, le groupe environnementaliste Greenpeace a félicité le gouvernement Marois pour sa décision, qu'il juge comme étant la plus logique sur le plan environnemental.

Son porte-parole, Shawn Patrick Stensil, s'est défendu toutefois d'être indifférent au sort des 736 travailleurs de la centrale.

«On a aussi demandé à la Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN) et à Hydro-Québec de prendre leur responsabilité, de développer un plan de transition pour les travailleurs», a-t-il dit une entrevue téléphonique.

À son avis, les Québécois ne devraient plus faire confiance à la filière nucléaire au pays, dont la sécurité a été mise à mal par des nominations politiques à la CCSN, avec l'ombre du lobby de SNC Lavalin qui se dessine.

Les syndicats rencontrent Vandal

D'autre part, les représentants syndicaux des travailleurs d'Hydro-Québec affiliés au Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) ainsi que le syndicat des ingénieurs d'Hydro-Québec ont rencontré jeudi le pdg de la société d'État, Thierry Vandal, et d'autres membres de la direction.

Dans un communiqué diffusé en soirée, le SCFP s'est dit «satisfait» de cette rencontre, qualifiant les échanges avec la direction d'Hydro de «constructifs».

«Vu l'importance du dossier de Gentilly-2 et le fait qu'il y a eu tant d'informations contradictoires au sujet de l'avenir de la centrale nucléaire, nous avons apprécié la présence de M. Vandal», a déclaré Marcin Kazmierczak, conseiller syndical au SCFP.

«Tout n'est pas réglé, mais nous avons eu certaines réponses à nos questions. Toutefois, il en reste encore plusieurs en suspens. En premier lieu, comment est-il possible d'avoir tant de rapports avec tant de chiffres contradictoires? Quels sont les coûts réels? Si on doit fermer la centrale, il faut avoir en main tous les renseignements pertinents», a ajouté le conseiller syndical par voie de communiqué.

Quatre syndicats affiliés au SCFP représentent ensemble presque 80 pour cent des employés d'Hydro-Québec.

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