NOUVELLES

Obama et Romney repartent en campagne, le républicain relancé par le débat

04/10/2012 12:36 EDT | Actualisé 04/12/2012 05:12 EST

Barack Obama et Mitt Romney sont repartis jeudi en campagne, le président pour faire oublier un premier débat télévisé qui a de l'avis général tourné à l'avantage de son adversaire, tandis que les républicains y voyaient une relance de la candidature de leur champion.

M. Romney "a enfin donné aux Etats-Unis une vraie élection présidentielle", commentait jeudi matin le Wall Street Journal, d'obédience conservatrice, tandis que le plus centriste Washington Post estimait que l'ancien gouverneur du Massachusetts avait livré une "performance solide" mercredi soir.

En revanche, M. Obama, dont la retenue a contrasté avec le dynamisme affiché par M. Romney sur la scène de l'université du Colorado à Denver, "ressemblait à quelqu'un qui aurait pris un somnifère", a affirmé le quotidien Politico, en qualifiant la prestation du président sortant de "médiocre".

Alors que M. Obama, resté à Denver, devait prendre la parole peu après 10H00 (16H00 GMT) pour une réunion électorale en extérieur par un froid glacial, son stratège David Axelrod a lui-même reconnu que M. Romney avait remporté le débat, et promis d'examiner "sans concession" ce qui n'avait pas fonctionné.

Mercredi soir, "le gouverneur Romney est venu pour se donner en spectacle, et il a fait du beau spectacle, nous sommes prêts à le reconnaître", a grincé M. Axelrod lors d'une conférence de presse téléphonique. Mais cette prestation du républicain n'était "pas enracinée dans la réalité", a-t-il assuré.

M. Obama doit poursuivre sa campagne jeudi par le Wisconsin (nord) avant de se rendre vendredi en Virginie (est) et dans l'Ohio (centre), autant d'Etats qui pourraient décider de l'issue de l'élection le 6 novembre, et où M. Romney accusait un retard parfois préoccupant dans les sondages avant le débat.

Il y insistera sur les déclarations "frauduleuses" de son adversaire mercredi, a promis M. Axelrod. Mais, signe de l'insatisfaction des démocrates envers leur champion, il a concédé que "nous allons examiner sans concession" le déroulement du débat. "Je suis sûr que nous ferons des ajustements", a encore dit le stratège.

Après avoir passé lui aussi la nuit à Denver, le républicain, dont le camp laissait filtrer un optimisme retrouvé via des communiqués et des messages sur les réseaux sociaux, devait s'envoler jeudi pour la Virginie. Il y retrouvera son colistier, Paul Ryan, pour une réunion publique en soirée.

Selon son équipe, il a aussi choisi cet Etat pour prononcer lundi un grand discours de politique étrangère, un dossier sur lequel le président le domine jusqu'ici dans les sondages.

Les deux candidats se sont interpellés à de nombreuses reprises durant une heure et demie d'émission, encouragés par un modérateur qui les poussait à décrire en détails leurs programmes économiques --une demande qui a parfois conduit à une avalanche de statistiques.

Le rôle de l'Etat a donné lieu aux échanges les plus contrastés, Mitt Romney défendant l'efficacité du secteur privé même en matière de santé. Barack Obama s'en est pris au projet du républicain de réformer le système public d'assurance-maladie des plus de 65 ans, Medicare.

Mais "Romney a encore une forte pente à gravir", souligne Clyde Wilcox, professeur de sciences politiques à l'université de Georgetown.

A moins de cinq semaines du scrutin, et alors que des millions d'Américains peuvent déjà voter par correspondance, il accuse un retard persistant de trois points en moyenne sur le président sortant, selon le site de référence RealClearPolitics.

La campagne Romney reconnaissait mercredi soir que le débat à lui seul ne suffirait pas à changer la donne.

"Je ne pense pas que nous verrons de changements spectaculaires", a expliqué à l'AFP Kevin Madden, proche conseiller de Mitt Romney. "Nous voyons les débats comme une conversation en quatre parties. Ce soir, c'était la première partie".

Deux autres débats présidentiels sont prévus les 16 et 22 octobre. Le vice-président Joe Biden rencontrera Paul Ryan le 11 octobre.

bur-tq/jca

PLUS:afp